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Interview : Ibra Wane, Directeur développement APG Afrique et Moyen-Orient

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APG Groupe, présent dans plus de 170 pays dans le monde, permet aux compagnies aériennes de vendre leurs services même dans les endroits où elles n’ont pas de vols. L’Afrique où les besoins des acteurs du transport aérien sont de plus en plus importants, APG y nourrit de grandes ambitions.
Les explications d’Ibra Wane Directeur développement APG Afrique et Moyen-Orient.

«L’Afrique est une partie du monde où APG a beaucoup à faire»

AFRIMAG : vous êtes le Directeur du Développement APG pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Pouvez-vous nous dire quel est votre parcours professionnel ?

Ibra Wane, Directeur développement APG Afrique

Ibra Wane : Mon parcours professionnel commence à Air Mauritanie en 1989 ou j’ai occupé le poste de Chef de Service des Affaires tarifaires et réglementaires. Ensuite, j’ai rejoint en 1992 Air Afrique. En 10 ans, j’y ai occupé les fonctions suivantes : cadre au département des affaires internationales, chef du service de la coopération international, représentant au Ghana et Directeur pour Le Bénin. En 2002 je rejoins Air Sénégal International comme Directeur pour la France et l’Europe et en 2005 je suis nommé Directeur commercial et marketing d’ASI. En 2008 je suis nommé Directeur de la prospective commerciale au Siège de la Royal Air Maroc. Je rentre au Sénégal en 2011 pour intégrer le Groupe AVICO comme Associé-Directeur de ses filiales africaines du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Parallèlement, en 2014 je rejoins le groupe APG.

Pourquoi APG a-t-il développé un réseau africain ?

APG a vocation à intervenir dans le monde entier, ce qui lui confère le statut de no 1 ! et l’Afrique est une partie du monde où APG a beaucoup à faire, compte tenu de la variété des services qu’elle propose et des besoins des acteurs du transport aérien africain.

Quel est l’utilité de ce réseau pour les compagnies aériennes africaines ?

Les compagnies aériennes africaines trouvent en APG un interlocuteur à leur écoute qui connait et comprend leurs préoccupations. La proximité et la souplesse créées par APG constituent pour les compagnies aériennes des avantages qu’elles ne trouvent nulle part ailleurs.

Une compagnie ne peut survivre et prospérer si elle ne développe pas une politique de distribution adéquate et performante. Or la distribution exige des ressources considérables dont la plupart des compagnies africaines ne disposent pas. Ces compagnies peinent également très souvent à avoir «accès» aux grands transporteurs internationaux. Il faut rappeler que la mise en place du billet électronique dans les années 2000 en Afrique s’est accompagnée d’un «nettoyage» du portefeuille des accords interlignes des compagnies majors avec l’objectif de se concentrer sur leurs alliances et leurs partenariats les plus rentables. Le principe de «l’acceptation réciproque » des billets d’avion est devenu quasiment fermé à la plupart des « petites compagnies».  

APG permet aux compagnies africaines (surtout celles de taille modeste) de combler ces insuffisances et lacunes pour avoir une distribution destinée à leur procurer des revenus non négligeables. 

Et quelle est son utilité pour les agents de voyages ?

Les agences de voyages sont un maillon essentiel de la distribution. L’un des produits phare d’APG, l’IET (Interline E-Ticket, destiné précisément à faciliter l’acceptation réciproque des billets) leur permet de vendre sur des compagnies internationales qui n’opèrent pas sur leurs territoires et qui ne sont pas disponibles sur leurs systèmes. Elles en tirent le même bénéfice que les compagnies aériennes, en accédant par l’intermédiaire d’APG, à des marchés qui leur sont fermés. 

En quoi le réseau africain d’APG peut-il aider les compagnies africaines à récupérer les clients qui pour le moment passent par les grands transporteurs européens ?

La réponse est en partie identique à celle fournie plus haut au sujet des agences de voyage. Mais plus globalement, il s’agit d’un problème de réseau et d’accès au marché international. APG a mis en place des systèmes qui permettent aux compagnies africaines d’être présentes sur des marchés ou elles n’opèrent pas, des marchés souvent très lointains. Cette «présence» permet de capter des trafics drainés par les grands transporteurs européens (ou autres) vers des points du réseau d’exploitation des compagnies africaines. De la sorte  elles «récupèrent» du trafic supplémentaire qu’elles ne sont pas en mesure d’aller chercher aux points d’origines ! Le mot «supplémentaire» est significatif car sans cette «présence» créée par le réseau d’APG, elles n’auraient jamais eu accès à ce trafic, compte tenu de l’absence de coopération avec les grands transporteurs internationaux.

APG parle beaucoup du APG World Connect. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet ? Et est-ce que les responsables des compagnies aériennes africaines peuvent y participer ?

L’APG World Connect est certainement le plus grand évènement du transport aérien au monde. C’est le seul évènement où vous pouvez rencontrer plus de 100 transporteurs aériens représentés en compagnie de tous les autres acteurs du secteur (constructeurs d’avions, GDS, etc.). Les échanges et les débats sont d’un très haut niveau et les opportunités de rencontres et d’affaires sont exceptionnelles. Les compagnies aériennes africaines y ont toutes leur place et y sont toujours invitées. Elles y nouent facilement des relations de qualité et concluent des accords très importants pour leur développement.

Etes-vous confiant dans l’avenir du transport aérien africain et quelles conditions devrait-il remplir pour prospérer ?

Je suis confiant dans l’avenir du transport aérien africain, car il est soutenu par une croissance économique en forte progression et des échanges de plus en plus denses entre les différentes régions. Je suis plus réservé quant à l’avenir des transporteurs aériens africains. Je suis ne pas sûr que leurs préoccupations essentielles soient de mettre en œuvre des stratégies raisonnables et efficaces. Aujourd’hui, à peut-être une ou deux exceptions près, aucune compagnie africaine n’est économiquement rentable. Cette situation n’est pas juste due à la pandémie du Covid ; elle s’est installée depuis tellement d’années qu’elle est devenue structurelle.

Aujourd’hui, chaque pays veut avoir son «HUB», (c’est la nouvelle trouvaille !) ce qui conduit  souvent à des programmes  très couteux et inefficaces. Beaucoup de compagnies ouvrent des lignes sans études sérieuses ; le manque de formation des personnels des compagnies est dramatique. Les compagnies africaines coopèrent très peu entre elles, souvent mal encouragées par des politiques aéronautiques très restrictives qui freinent le développement de l’activité.

Plus de liberté, plus de coopération, plus de formation, plus de sérieux dans la gestion, une parfaite connaissance des fondamentaux du transport aérien… sont parmi les conditions incontournables pour exister et éventuellement prospérer.

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