Dans cet entretien, la députée Amélia Lakrafi, Déléguée générale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), revient sur des projets à divers niveaux que nourrit la famille francophone pour le futur État palestinien notamment en matière de renforcement institutionnel et démocratique de la future gouvernance palestinienne au niveau parlementaire.
Cet engagement, après l’allocution du président Emmanuel Macron à la 80e Assemblée générale de l’ONU, rappelle la position de la France pour la solution à deux États et la reconnaissance de l’État de Palestine à une période où un espoir de paix renaît sur le terrain
AFRIMAG : Madame la députée, vous avez suivi l’allocution du président Emmanuel Macron à la 80e Assemblée générale de l’ONU. En quelques mots, pourriez-vous nous éclairer sur cette intervention ?
Amélia Lakrafi : cette intervention du président de la République rappelle l’engagement de la France pour la solution à deux États et la reconnaissance de l’État de Palestine. Une reconnaissance qui fait naître de l’espoir sur le terrain.
Notre rôle, à nous au sein du bureau de l’APF, consistera à accompagner, au lendemain de cette reconnaissance, le renforcement institutionnel et démocratique de la future gouvernance palestinienne, notamment au niveau parlementaire.
AFRIMAG : Madame la Déléguée générale, vous avez assisté à l’allocution du Chef de l’État français et à la reconnaissance au nom de la France de l’État de Palestine au siège des Nations Unies. Quel est votre sentiment ?
Amélia Lakrafi : Cette décision courageuse du président de la République marque une étape essentielle vers la solution à deux États et redonne espoir à tous ceux qui croient en la paix et en la dignité des peuples.
Un autre chemin est désormais possible.
C’est aussi, permettez-moi de le rappeler, un moment d’émotion et d’histoire pour la parlementaire française que je suis, plus de dix ans après les votes symboliques des deux chambres du Parlement français en 2014, qui avaient déjà ouvert la voie à cette reconnaissance.
Cette présence à New York, à un moment aussi symbolique, illustre également l’engagement de la Francophonie parlementaire à soutenir les processus de paix dans le monde.
Notre institution a vocation à favoriser le dialogue entre les peuples et à accompagner la reconstruction institutionnelle des États fragilisés par les conflits.
AFRIMAG : Que peut concrètement proposer l’Assemblée parlementaire de la Francophonie dans cette dynamique ?
Amélia Lakrafi : Lors de la 50ᵉ session de l’APF à Paris en juillet dernier, nous avions affirmé notre ambition d’être «une ancre dans un monde en crise,» en nous appuyant sur nos compétences et nos expertises.
L’APF est un partenaire reconnu de la coopération parlementaire francophone, au service de la démocratie, du dialogue et du multilatéralisme.
La reconnaissance de l’État de Palestine par la France portée par cette excellente coopération avec nos partenaires d’Arabie saoudite ouvre un nouveau chapitre.
Il nous appartient désormais de transformer cet élan politique en appui concret aux institutions palestiniennes, afin qu’elles deviennent solides, légitimes et durables.
Dans cet esprit, je proposerai au bureau de l’APF d’examiner une initiative que je souhaite porter, visant à mobiliser la famille parlementaire francophone pour accompagner la reconstruction institutionnelle et démocratique palestinienne.
Cette proposition, inspirée par l’annonce du président Mahmoud Abbas d’organiser des élections en 2026, s’inscrirait pleinement dans les missions de coopération de l’APF.
Elle pourrait comprendre plusieurs volets :
• la formation des parlementaires et des fonctionnaires parlementaires ;
• le partage d’expertise en matière de gouvernance, de légistique et de transparence institutionnelle ;
• et l’appui à l’organisation d’élections libres, inclusives et pluralistes.
J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ces orientations avec l’ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou-Hassira, qui a salué cette perspective et souligné combien de telles compétences répondent aux besoins immédiats de structuration et de professionnalisation des institutions palestiniennes.
Par ailleurs, j’ai échangé avec l’ambassadeur de la Ligue arabe à Paris, qui m’a fait part de son intérêt pour le plan arabe de reconstruction et son mécanisme de financement solidaire pour «le jour d’après.»
Il nous a également assurés de son plein soutien aux démarches de coopération parlementaire francophone et à la volonté de partager cette expertise dans les domaines de la gouvernance et de la consolidation démocratique.





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