Nairobi, 9 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement qui ont pris part au 24e sommet du Comesa
Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) vient de franchir un cap historique en lançant une plateforme numérique de paiement en monnaies locales. Ce système, testé entre le Malawi et la Zambie, promet de réduire drastiquement les coûts des échanges commerciaux entre ses 21 États membres, tout en affranchissant les entreprises de leur dépendance au dollar
Dans un communiqué publié le jeudi 9 octobre, le COMESA a officialisé le lancement de sa Digital Retail Payments Platform (DRPP), un système de paiement numérique transfrontalier en monnaies locales. Ce projet, désormais en phase de test utilisateur, a déjà été expérimenté avec succès entre le Malawi et la Zambie, selon la Chambre de compensation du COMESA (CCH).
Le Président Ruto du Kenya succède à son homologue du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a la tête du Comesa
Conçue pour fluidifier les échanges commerciaux entre pays membres, la DRPP marque un tournant dans la stratégie d’intégration régionale du bloc économique. Elle permet désormais aux entreprises de réaliser des paiements transfrontaliers sans passer par des devises étrangères comme le dollar américain, souvent rares et coûteuses.
Des transactions simplifiées, des coûts réduits
Le système DRPP a été développé en collaboration avec deux prestataires de services financiers numériques et un prestataire de services de change, dont les identités n’ont pas encore été rendues publiques. Ensemble, ils ont conçu une solution qui ambitionne de ramener les frais de transaction à moins de 3 % de la valeur échangée — un seuil jugé décisif pour encourager les échanges intra-africains.
«Pour la première fois, le commerce transfrontalier au sein du COMESA peut être réglé directement en monnaies locales,»s’est félicité Lee Kinyanjui, ministre kenyan du Commerce. Selon lui, ce nouveau mécanisme montre «comment les commerçants peuvent échanger des valeurs de manière transparente sans dépendre de devises étrangères rares.»
Une vision d’intégration panafricaine renforcée
Créé en 1994, le COMESA rassemble 21 États membres d’Afrique orientale, centrale et australe, parmi lesquels la République démocratique du Congo, le Kenya, l’Égypte, la Tunisie, l’Ouganda ou encore l’Éthiopie. Sa mission principale : promouvoir l’intégration régionale par le commerce, le développement des ressources naturelles et humaines, et désormais, la digitalisation des échanges.
Avec cette nouvelle plateforme, le COMESA espère non seulement accélérer les échanges intra-régionaux, mais aussi stimuler l’innovation financière sur le continent. Une avancée qui s’inscrit dans le sillage de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et qui pourrait inspirer d’autres blocs régionaux.
Nairobi : Le 24e Sommet des chefs d’État et de gouvernement du COMESA. Que se sont-ils dit ?
Le 24e Sommet des chefs d’État et de gouvernement du COMESA s’est tenu le 9 octobre 2025 à Nairobi, au Kenya.
Nairobi, 9 octobre – accueil réservé aux participants du 24e sommet du Comesa
Les dirigeants du Burundi, des Comores, de l’Éthiopie, du Kenya et du Zimbabwe, ainsi que les Premiers ministres, les vice-présidents et les représentants de l’Union africaine et des partenaires de coopération, se sont réunis pour discuter des initiatives d’intégration régionale qui façonnent la région COMESA. Lors du Sommet, le Président William Ruto du Kenya a succédé au Président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, à la présidence de l’Autorité du COMESA. Le Président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a été nommé vice-président.
Les principales discussions ont porté sur l’intégration régionale, la paix et la sécurité, ainsi que sur le développement des outils numériques de facilitation du commerce. Les États membres ont été encouragés à adopter et à mettre en œuvre des instruments tels que le certificat d’origine électronique, le système électronique de suivi des marchandises, le système de barrières non tarifaires en ligne et les guichets uniques nationaux afin d’améliorer l’efficacité et de réduire les coûts des échanges.