Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a présidé, le mercredi 15 juillet à Brazzaville, la première réunion du Comité de pilotage (COPIL) chargé de superviser la transformation numérique de la gestion des finances publiques. Tous les directeurs généraux des régies financières et des grandes administrations (Impôts, Douanes, Trésor, etc.) étaient réunis autour de l’argentier du pays, qui dit « poser les bases d’une réforme structurelle pour l’Etat.»
Les objectifs poursuivis sont clairs, annonce le ministre aux hauts fonctionnaires relevant de sa tutelle : améliorer la collecte des recettes, renforcer la sécurité des fonds, et garantir une meilleure qualité de la dépense publique.
Dans son cahier de charges, le Comité de pilotage assure la coordination des réformes visant à accélérer la numérisation des processus budgétaires et fiscaux, notamment. La première marche sera le déploiement du Système intégré de gestion des finances publiques, la numérisation de l’administration fiscale et le renforcement de l’interopérabilité entre les différents systèmes d’information. Le chantier est plutôt titanesque, sans compter qu’il implique un changement culturel au sein des grandes administrations des Finances où l’on a souvent tendance à travailler en silo.
Ces réformes bénéficient d’un financement de 89,4 milliards FCFA, soit environ 156 millions de dollars, comprenant un don de 10 milliards FCFA de la Commission européenne, un prêt de 17 milliards FCFA de la BEI et un financement de 61,4 milliards FCFA de la Banque mondiale.
Au-delà du cas congolais, cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des administrations financières africaines, confrontées à des défis similaires, relève notre confrère Ecofin. Selon le rapport CPIA 2025 de la Banque mondiale sur les politiques publiques en Afrique subsaharienne, les lacunes en matière de transparence, d’exécution budgétaire et de contrôles internes restent des obstacles majeurs à la performance des administrations financières africaines.
Le Collaborative Africa Budget Reform Initiative, qui accompagne 15 pays africains dans la numérisation de leurs systèmes de gestion financière, identifie quatre obstacles structurels récurrents : la gestion des systèmes informatiques hérités, l’excès de spécifications techniques, l’inadaptation des politiques d’approvisionnement et la résistance au changement.





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