L’émission obligataire de 500 millions de dollars et la ligne de crédit de 500 millions d’euros de la Deutsche Bank obtenue par le Bénin, confirment l’amélioration de la position du pays sur les marchés des capitaux et son attractivité auprès des investisseurs internationaux
Dans une note de synthèse publiée ce jeudi 23 janvier, l’agence de notation financière Standard & Poor’s ( S&P Global Ratings) affirme que la forte demande pour la deuxième obligation libellée en dollars américains du Bénin, qui a levé 500 millions de dollars le vendredi 16 janvier, est une illustration de «la solide dynamique de réforme du Bénin» qui lui permet une plus forte mobilisation des financements et une consolidation budgétaire. Pour les analystes de S&P Global Ratings, la gestion proactive de la dette par Cotonou continue d’améliorer le profil de la dette du pays et de contenir les risques découlant de l’encours de la dette.
Fort engouement des investisseurs
Les obligations émises vendredi dernier par le Bénin arriveront à échéance en 2041 et, associées à une ligne de crédit de 500 millions d’euros de la Deutsche Bank d’une maturité de 15 ans, permettront d’allonger la maturité de la dette du pays tout en optimisant et en réduisant son coût global. Bien que les obligations indiquent un coupon de 8,375 %, le coupon effectif en euros est en réalité de 6,8 %, grâce à un swap de devises du dollar vers l’euro, alignant ainsi le service de la dette sur le franc CFA, qui est rattaché à l’euro et limite donc les risques de change.
La ligne de crédit de la Deutsche Bank porte sur un taux d’intérêt de 6 % (y compris les frais de garantie de la Banque mondiale), partiellement garantie (200 millions d’euros), ce qui permettra au Bénin de financer un rachat partiel de l’encours de l’eurobond en 2032, allongeant ainsi la maturité moyenne pondérée et supprimant le risque de refinancement à court terme.
Le carnet de commandes de ces obligations a atteint 3,5 milliards de dollars, soit 7 fois plus que l’offre, ce qui témoigne d’un fort engouement des investisseurs et d’une amélioration de la perception du Bénin sur les marchés de la dette. Standard & Poor’s l’explique par la trajectoire budgétaire crédible du pays ainsi qu’à de solides performances macroéconomiques, avec un déficit budgétaire qui est passé de 5,5 % du PIB en 2022 à moins de 3 % attendu en 2025 et une croissance réelle moyenne du PIB d’environ 6,5 % sur la période 2021-2024.
Le déficit du compte courant devrait rester important à 5,7 % du PIB en 2024 ; il illustre cependant le développement rapide du pays, nécessitant d’importantes importations de biens d’équipement, jusqu’à présent largement financées par des prêteurs extérieurs. A moyen terme, l’agence de notation financière prévoit une modération du déficit du compte courant grâce à la hausse des exportations agricoles, à la bonne tenue des recettes provenant du port de Cotonou et au développement en cours de la zone économique spéciale de Glo-Djigbe, qui devrait stimuler l’industrie manufacturière et les exportations à plus forte valeur ajoutée.


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