Les institutions africaines de financement du développement devraient bénéficier des mêmes protections juridiques que celles de créanciers multilatéraux comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale lorsque les Etats restructurent la dette, plaide le président de l’Africa Finance Corporation (AFC), Samaila Zubariu en marge des rencontres d’affaires qui précèdent le Sommet du G20 à Johannesburg.
Cette sortie du patron de l’Africa Finance Corporation intervient au moment où le débat fait rage sur le statut de créancier privilégié de ces organismes.
En effet, les créanciers dits privilégiés, sont remboursés en priorité avant les autres prêteurs et bénéficient d’immunités juridiques, ce qui permet aux banques multilatérales de continuer à financer les entités situées sur des marchés à haut risque. «Le statut de créancier privilégié est accordé par les pays. Et généralement, les pays en font une loi,» relève Samaila Zubairu.
La couleuvre que le Ghana et la Zambie ont fait avaler aux créanciers multilatéraux africains lors de la récente restructuration de la dette, ne passe pas. Les grands créanciers privés ont fait valoir que les prêteurs africains comme Afreximbank et la Banque de Commerce et de Développement devraient partager les pertes plutôt que de conserver les exemptions dont bénéficient depuis longtemps les institutions financières multilatérales. Il serait dommage que les Etats africains découragent les institutions continentales qui se portent à leur chevet sans la même épaisseur du paquet des conditionnalités que celui des organismes internationaux.
A Johannesburg, les pays africains ainsi que l’Union africaine ont insisté ce mardi 18 novembre sur le maintien du statut privilégié des institutions africaines et sur le fait qu’il est dans l’intérêt des économies du continent de veiller à renforcer plutôt que d’affaiblir les institutions financières qu’ils ont eux-mêmes mises en place, rapporte Reuters. Reste à espérer que le président de l’Africa Finance Corporation (un organisme de prêt multilatéral dont le tour de table est composé d’Etats et des banques centrales ainsi que des institutions financières privées) ne prêche pas dans le désert.











