Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance économique de 3% pour le Mozambique en 2025, contre 1,9 % l’année dernière. Cette projection a été annoncée à l’issue des discussions qui se sont tenues cette semaine entre les équipes du Fonds et Maputo dans le cadre de la revue de l’accord de la Facilité élargie de crédit (FEC)
Le FMI conditionne la reprise des décaissements financiers à «une normalisation des conditions sociales et à une relance de l’activité économique, notamment dans le secteur des services», indique le communiqué publié par l’institution. En jargon moins diplomatique, cela signifie que le Fonds exprime une certaine déception pour la non-tenue des engagements de réforme souscrits par Maputo en échange de son assistance.
Au quatrième trimestre 2024, l’économie mozambicaine a subi une forte contraction en raison des troubles sociaux à la suite de la contestation des résultats de l’élection présidentielle. Le produit intérieur brut (PIB) réel a reculé de 4,9 % en glissement annuel, contrastant avec la croissance de 3,7% enregistrée au trimestre précédent.
Malgré ce contexte, l’inflation reste maîtrisée. La Banque centrale a abaissé son taux directeur à 12,25% et réduit le taux de la réserve obligatoire sur les dépôts en monnaie locale, maintenant ainsi l’inflation sous la barre des 5 %. En janvier 2025, le taux d’inflation s’est établi à 4,69%, contre 4,15% en décembre 2024, selon les données de la Banque centrale.
Le Mozambique fait face à de nombreux défis économiques et sociaux. Depuis 2017, une insurrection islamiste secoue la région nord du pays, riche en gaz naturel, aggravant une situation déjà précaire. Le passage du cyclone Freddy en 2023 a causé d’importants dégâts matériels et humains, accentuant l’insécurité alimentaire. En 2023, le chômage atteignait 3,5 %, selon l’institution de Bretton Woods qui indique que «les estimations préliminaires suggèrent qu’il y a eu d’importants dérapages budgétaires en 2024, qui s’expliquent en partie par le ralentissement de l’activité économique au cours du dernier trimestre. Les dépassements des dépenses liées à la masse salariale continuent d’évincer d’importantes priorités en matière de dépenses, notamment les transferts sociaux et les infrastructures»
Face à cette situation, le FMI recommande un assainissement budgétaire en 2025 pour garantir la viabilité des finances publiques et préserver la stabilité macroéconomique. Il préconise une rationalisation des dépenses salariales et une réduction des exonérations fiscales, tout en mettant l’accent sur les dépenses sociales et une meilleure gestion de la dette afin d’éviter les arriérés.





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