Malgré de vives contestations populaires lors de la première tentative il y a deux ans, le gouvernement fédéral a décidé de relancer le projet d’une taxe de 5 % sur les services de transmission de données et de téléphonie. La disposition fait partie du projet de Budget adopté au Sénat la semaine dernière
Cette mesure inquiète à nouveau les opérateurs télécoms, qui redoutent une hausse des coûts pour les abonnés et «un frein aux efforts d’inclusion numérique.» Ils affirment n’avoir été consultés sur les modalités dont la taxe de 5 % serait mise en œuvre, mais si elle est adoptée, c’est le consommateur qui en supportera le coût. «Les télécommunications devraient être traitées comme un bien social, et non taxées comme des articles de luxe», tempête Gbenga Adebayo, Président de l’Association des opérateurs de télécoms agréés du Nigeria.
Initialement introduite en 2020 sous le régime Buhari pour élargir l’assiette fiscale, la taxe avait été suspendue trois ans après par le Président Bola Ahmed Tinubu, face aux pressions de la rue. Mais dans un contexte budgétaire sous tension, le gouvernement revient à la charge. Selon l’association des opérateurs télécoms, la coupe est pleine, le secteur étant déjà soumis à un chapelet de 54 taxes différentes !
Au-delà de l’enjeu fiscal, cette mesure soulève des interrogations sur la soutenabilité des investissements dans les infrastructures numériques. Elle intervient alors que le secteur se remet doucement d’une baisse de régime de ces dernières années : MTN Nigeria a enregistré un bénéfice de 133,7 milliards de nairas (environ 83,3 millions de dollars US) au premier trimestre, tandis qu’Airtel Africa a déclaré un bénéfice avant impôt de 661 millions de dollars sur l’exercice clos en mars.





Nigeria
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