Il est rare de voir, dans le secteur des assurances au Bénin, un tel engagement en faveur de l’innovation. Cinq nouveaux produits, lancés en moins de deux ans, et d’autres en cours d’élaboration. Pourtant, c’est le pari qu’a relevé Gaston de Souza, directeur général de la Générale des Assurances du Bénin (GAB). Le dirigeant est mû par avec une conviction simple : l’innovation n’est pas un luxe, c’est une nécessité
Chez lui, innover n’est ni une posture ni un effet de mode. C’est une manière de répondre de façon pertinente aux besoins réels des assurés, dans un monde en mutation. «Notre marché est resté longtemps très traditionnel. Mais ailleurs, ça va très vite. Il faut donc regarder ce qui se fait dans d’autres secteurs, comprendre ce qui touche les gens, et adapter ces idées au contexte de l’assurance,» explique-t-il avec simplicité.
Une innovation de proximité
Gaston de Souza ne prétend pas réinventer la roue à chaque fois. Pour lui, l’innovation peut être un décalage intelligent, une réinterprétation locale de ce qui a déjà fait ses preuves ailleurs. C’est ainsi que sont nés des produits comme GAB CyberSecure, qui protège contre les risques numériques, ou GAB Medevac, un service d’évacuation sanitaire novateur, encore inexistant sur la plupart des marchés similaires.
Ce qui rend ces produits possibles, c’est aussi l’agilité de la structure qu’il dirige. « Le fait que tous les centres de décision soient au Bénin, nous donne une vraie liberté d’action. Nous pouvons décider vite, tester vite, et ajuster en temps réel. » Cette souplesse, il la cultive avec une équipe jeune, engagée et passionnée, qui partage le même sens du terrain et la même envie de bien faire.
Un esprit pionnier et lucide
Gaston de Souza n’a jamais eu peur de bousculer les codes. Dès 2012, alors qu’il rentrait de Tunis fraîchement diplômé, il proposait déjà un constat amiable local adapté à la circulation béninoise. Le temps moyen de réception des procès-verbaux en cas d’accident était de 3 mois en moyenne. Le délai moyen de règlement de sinistre matériel simple pouvait quant à lui atteindre 6 mois. «On m’a dit que ce n’était pas possible, que c’était trop compliqué… Mais j’ai insisté. Ce n’est pas en répétant les limites qu’on avance,» raconte-t-il. Plus d’une décennie plus tard, la situation n’ayant beaucoup changé sur le marché, il décide avec son équipe de réduire ce délai pour ses clients.
Avec Constat à l’amiable GAB, les amis et partenaires de la seule entreprise d’assurance béninoise voient les dommages matériels réglés dans un délai variant entre 24h et deux mois. Un délai maximal trois fois moins long que celui actuellement en vigueur dans le secteur. Ce changement bienvenu, Gaston de Souza compte l’étendre aux assurés des autres compagnies, désireuses d’améliorer leur qualité de service en matière de délai.
Il le reconnaît pourtant : innover n’est pas toujours confortable. Cependant, c’est un processus incontournable pour assurer une bonne couverture à un plus grand nombre de Béninois selon lui. « On ne sort pas trop des clous dans ce métier. Et pourtant, notre responsabilité, c’est de sortir, justement, pour offrir autre chose. Sinon, comment espérer améliorer le taux de pénétration de l’assurance, qui stagne encore en dessous de 2 % au Bénin ? »
L’assuré comme moteur de création
Le moteur de cette dynamique ? L’obsession du client. Pas comme un concept marketing, mais comme une personne réelle, avec des besoins, des vulnérabilités, des espoirs. Un ami et un partenaire, comme il l’appelle. « Le client est au cœur de tout. Quand il est satisfait, le développement suit naturellement. Ce n’est pas un slogan, c’est une réalité stratégique.»
Cela suppose d’écouter, de sentir le terrain, et de ne pas hésiter à proposer ce que d’autres jugeraient trop tôt. En France, dit-il, certaines assurances intègrent déjà une assistance dédiée aux femmes victimes de violences conjugales. «Pourquoi ne pas imaginer ce type de protection ici ? Il faut oser faire ce que personne ne fait encore,» dit-il.
Une vision forgée par l’expérience
Ce sens de l’innovation ne sort pas de nulle part. Il est le fruit d’un parcours professionnel dense, débuté chez NSIA Assurances Bénin, où Gaston de Souza a gravi les échelons durant 17 ans. De la souscription à la direction des sinistres, en passant par la production, le courtage ou la santé, il a touché à tous les métiers clés du secteur. Cette connaissance fine du terrain lui permet d’innover sans improviser.
À cela s’ajoute une formation exemplaire : major de promotion à l’Institut Africain des Assurances de Tunis, il a toujours su conjuguer rigueur technique et vision stratégique. Il est aujourd’hui reconnu bien au-delà du Bénin, comme en témoigne sa sélection au prestigieux Prix Choiseul Afrique, qui distingue les jeunes leaders les plus influents du continent.
Une ambition assumée
Pour Gaston de SOUZA, l’assurance n’est pas seulement une question de contrats et de primes. C’est un levier de transformation sociale. Une manière concrète d’augmenter la résilience des populations, de soutenir le tissu économique, et de redonner confiance aux assurés dans des systèmes de protection dignes.
Il poursuit avec détermination un projet simple et ambitieux : faire de la GAB un modèle de modernité, d’agilité et de responsabilité. Et démontrer que l’Afrique peut produire ses propres modèles d’assurance, en phase avec ses réalités.




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