Dakar a été le centre des réflexions les 4 et 5 juin pour les préparatifs du Tana Forum, sous le thème : «quelle est la prochaine étape ? Mettre en phase les Etats et la jeunesse africaine.»
Le Pré-Tana est une rencontre préparatoire à la 11e édition qui se déroulera cette année à Bahir Dar en Éthiopie
L’évènement organisé par TrustAfrica, l’Institut d’Études sur la Paix et la Sécurité (IEPS), la Commission Africaine de la Jeunesse (CAJ) et le Programme des Jeunes pour la paix (PJP) de l’Union Africaine (UA) a mobilisé les parties prenantes, avec une écrasante majorité de jeunes pour discuter des questions liées à la paix et à la sécurité.
Impliquer les jeunes dans les prises de décision
La cérémonie d’ouverture du Pré-Tana a été marquée par les discours de plusieurs personnalités éminentes. Dr. Ebrima Sall, Directeur Exécutif de TrustAfrica, a contextualisé le thème lors de sa prise de parole. «La jeunesse africaine est au cœur de la problématique de la paix et de la démocratie en Afrique et dans le monde aujourd’hui. Beaucoup de jeunes sont enrôlés dans les mouvements armés mais ils sont également impliqués dans les processus de paix.» Dr. Sall poursuit en pointant du doigt la faible représentation des jeunes dans les instances de décision : «la majorité de la population est jeune mais en réalité ce sont des minorités politiques. Les jeunes se mobilisent pour opérer des changements qu’on a vécu sur ce continent.»
Lettie Tembo Longwe, Directrice par intérim de l’APSP et cheffe du Forum Tana, Marubini Muswede, Présidente exécutive de la Commission africaine de la jeunesse et Gloria Kabage, coordinatrice du programme de la Jeunesse pour la paix en Afrique (Y4P) de l’UA, ont toutes les trois abondé dans le même sens, en déplorant le rôle très marginal attribué aux jeunes après la conquête du pouvoir. S’ils sont mobilisés pour conquérir le pouvoir, ils sont laissés pour compte dans la répartition des responsabilités qui les engagent pourtant en premier.
Le représentant de la ministre chargée de la jeunesse au Sénégal, Alassane Diallo a souligné l’importance de la participation active des jeunes dans les processus de paix : «nous avons un Président jeune. Nous avons un gouvernement composé majoritairement de jeunes. Cela dit, ce pouvoir ne peut s’exercer et porter ses fruits que dans un environnement de sécurité et de paix dont les principaux acteurs sont naturellement jeunes.»
Jeunesse africaine, Paix et Sécurité
Le premier panel, tenu sous le thème : «Jeunesse africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité (opportunités et défis)» a été l’occasion d’intéressantes réflexions sur les possibilités de participation des jeunes, les défis auxquels ils sont confrontés et le rôle qu’ils jouent dans le nouvel agenda pour la paix des Nations unies. Avec la modération du Dr. Rhuks Ako, ancien coordinateur du programme de l’Union africaine pour la Jeunesse et la Paix en Afrique (Y4P), les panélistes, dont Christian Achaleke, ancien ambassadeur africain de la Jeunesse pour la Paix, et Adja-Kadideje Hamat-El-Megido, coordinatrice des médiatrices sociales de la PIJCA, ont exploré les décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations unies.
Le débat a porté sur les plans d’action nationaux, le rôle de l’Union africaine, des États membres et des organisations de la société civile, ainsi que sur les possibilités de participation des jeunes et les défis auxquels ils sont confrontés. Les discussions ont également abordé les aspects sociaux, économiques et politiques de l’inclusion et de la participation significative des jeunes dans les processus de paix.
D’autres panels et non des moindres ont porté sur des sujets pertinents pour l’avenir de l’Afrique tels que «Mettre en phase les États et la jeunesse africaine » ou «Quelles sont les prochaines étapes ? Des approches plus robustes ». Des intervenants expérimentés sur ces questions, tels que Charaf Eddine Ben Saci, représentant du Conseil supérieur de la jeunesse d’Algérie, et Amal Abubakar, Secrétaire général du Conseil consultatif de la jeunesse du COMESA, ont décliné des actions spécifiques nécessaires pour aligner les États membres de l’UA et leurs jeunes.
Le forum s’est conclu sur une note positive, avec un appel à l’action pour tous les acteurs impliqués afin de renforcer la participation des jeunes dans les processus de paix et de sécurité.
Ndèye Astou Samb Sène
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