Les trois pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel -Mali, Niger et Burkina Faso- ont convenu d’appliquer un «Prélèvement confédéral», une taxe de 0,5 % aux importations provenant de pays extérieurs à l’AES à l’exception de certains produits, notamment les aides humanitaires et les biens diplomatiques
Cette taxe qui vise à «financer le fonctionnement de l’Alliance et les projets communs», met fin à tout espoir de réintégration de ces pays dans la Cédéao. Elle risque par ailleurs de déclencher une guerre commerciale au sein de l’UEMOA, car il est fort probable que les Etats membres de l’Union appliqueront la réciprocité.
Selon un communiqué du ministère malien des Affaires étrangères, ce prélèvement sera collecté par les administrations douanières des trois pays avant d’être reversé sur un compte commun. Son application sera effective dès que la mesure sera ratifiée par les trois membres de l’AES et les éventuels différends réglés par voie diplomatique.
L’annonce de cette taxe intervient dans un contexte où le Mali, le Burkina Faso et le Niger, après avoir claqué la porte de la Cédéao en janvier 2025, continuent néanmoins de bénéficier des avantages commerciaux de l’Organisation, notamment la libre circulation des personnes et des biens, en attendant un accord formel sur les modalités de leur divorce. De même, les pays de l’AES ont décidé de préserver certains mécanismes d’intégration régionale, notamment en permettant aux citoyens de la Cédéao d’entrer librement sur leur territoire.
Ces trois pays restent par ailleurs dépendants des échanges avec l’UEMOA et la CEDEAO. Les importations provenant de la sous-région sont composées essentiellement de denrées alimentaires, de produits pétroliers, d’équipements industriels et de biens de consommation. Ainsi, au quatrième trimestre 2024, la Cédéao représentait 22,6 % des importations maliennes, tandis que l’UEMOA pesait 21,8 %. Au Burkina Faso, ces parts se situaient respectivement à 31,3 % et 22,4 %.





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