fbpx

G5 Sahel : le sommet de N’Diamena s’achève sur une belle note d’optimisme

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Le sommet des chefs d’États du G5 Sahel et de la France s’achève ce mardi 16 février 2021 sur une belle note d’optimisme : l’engagement de 1200 soldats tchadiens dans la zone dite des «trois frontières » et la mobilisation par les bailleurs européens et arabes membres de l’Alliance Sahel d’un financement additionnel de 3 milliards d’euros.

 

Le sommet de N’Djamena n’est donc pas un simple passage de témoin entre les présidents, Idriss Deby Itno et Mohamed Ould Ghazouani, des deux «puissances» militaires du G5 Sahel, la Mauritanie et le Tchad, mais bien un engagement plus fort de la communauté international auprès de ce regroupement de cinq pays dans leur volonté de remporter la guerre asymétrique que leur imposent les groupes terroristes sévissant essentiellement au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Formé en 2014 à Nouakchott, autour de cinq pays (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger), le G5 Sahel est en train de s’ouvrir, pratiquement, à d’autres pays de la sous-région ouest-africaine et maghrébine dont l’apport ne sera pas de trop dans une lutte anti-terroriste éprouvante pour des pays déjà confrontés au mal développement considéré comme un facteur aggravant de la situation dans la zone dite des «trois frontières», où les jihadistes mènent la plupart de leurs raids mais recrutent également de jeunes combattants.

L’Union africaine, présente à ce sommet, s’est engagée à élargir le cercle des pays prêts à envoyer des troupes au front pour soutenir la force conjointe du G5 ou à contribuer à l’effort de guerre par la mobilisation des ressources indispensables à l’équipement et à l’entretien des soldats. Le président de la commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat s’engage à y travailler en faisant comprendre à tous les pays du golfe de Guinée qu’ils sont concernés par cette lutte contre une menace terroriste rampante.

C’est ce qui explique la présence au sommet de Ndjamena du président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), le Ghanéen Nana Akufo Ado, ou encore du Vice-président du gouvernement de transition soudanais, le lieutenant-général  Mohamed Hamdan Dagolo, dit « Hemeti ».    

En annonçant l’envoi d’un deuxième bataillon de 1200 soldats dans la zone dite des « trois frontières », le président tchadien Idriss Deby Itno inaugure sa présidence du G5 Sahel par un geste fort rappelant sa présence au front, le 29 mars 2020, à la tête de l’opération «colère de Boma» lancée sur cinq fronts dans les îles du lac Tchad, pour « vaincre le terrorisme » et « les illuminés de Boko Haram ». Une contre-attaque survenant après la mort d’une centaine de soldats tchadiens dans la localité de Boma et qui vaudra plus tard au président tchadien son bâton de Maréchal !

Préoccupé par la situation sanitaire dans son pays, le président Emmanuel Macron n’a pas fait le déplacement de N’Djamena mais il reste aux « commandes » d’une lutte contre le terrorisme dans laquelle la France engage plus de 5000 hommes dans le cadre de l’opération Barkhane, point culminant d’opérations antérieures (Epervier, Serval) menées essentiellement au Mali. Contre les groupes jihadistes aux dénominations diverses (Ansar Dine, AQMI, Al-Mourabitoune, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, État islamique État islamique dans le Grand Sahara, Ansarul Islam) mais aux objectifs communs, la France veut coaliser l’Europe dont certains pays (Estonie, Royaume-Uni, Danemark, Espagne, Tchéquie, Suède, Danemark) ont une présence militaire symbolique en renfort à Barkhane.

Soumis à la pression d’une partie des Français exigeant le retour de leurs soldats, dont les pertes au 12 février 2021, sont de 55 militaires, Macron est de plus en plus en phase avec le président tchadien estimant qu’en plus de la stratégie militaire pour combattre les terroristes, « il faut former les armées, favoriser le développement des régions où se sont installés les terroristes pour y faciliter le retour de l’État et de ses institutions. » C’est le rôle que le président français tente de donner à l’Alliance Sahel pour pouvoir envisager un « repli stratégique », d’essence politique, avant la présidentielle de 2022 où il aura fort à faire avec Marine Le Pen et son Rassemblement national.

Sneiba Mohamed

Partager.

Répondre