C’est le prestigieux quotidien des affaires, Financial Times (FT), qui a levé le lièvre dans une enquête qui fait grand bruit à Dakar, et qui sonne comme une petite et douce revanche des ministres de Finances qui étaient aux responsabilités sous le président Macky Sall
Le journal britannique a en effet révélé que le Sénégal avait contracté des emprunts non déclarés en 2025 auprès de Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank d’un montant de 650 millions d’euros. Selon l’enquête de FT, ces financements avaient été structurés de manière à offrir des garanties bien supérieures à celles offertes traditionnellement aux détenteurs d’obligations. Plus étonnant, ils ne figuraient nulle part dans la loi de Finances. Des députés de l’opposition exigent un débat au Parlement sur cette opération.
A Dakar, le gouvernement sent venir la tempête et l’accusation de «l’arroseur arrosé,» lui qui avait accusé Macky Sall et ses ministres d’avoir caché une partie de la dette. Il fallait donc désamorcer la bombe. Dans une note officielle, le ministère des Finances a rejeté « toute opacité et inscrit ces opérations dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme, qui prévoit une diversification des sources de financement, en monnaie locale comme en devises.» Il met en avant le recours prioritaire au marché régional de l’UEMOA, où l’émission de titres publics permet d’élargir la base des investisseurs internationaux afin d’améliorer la profondeur et la liquidité. Le gouvernement sénégalais insiste sur le fait que ces levées s’effectuent via des adjudications publiques en francs CFA, ouvertes aux investisseurs étrangers grâce à des mécanismes de change standardisés. Il affirme que l’ensemble des levées effectuées en 2025 respecte les plafonds budgétaires votés et s’inscrit dans «un calendrier d’émissions transparent, partagé avec les partenaires techniques et financiers, dont le FMI.»
Dans une riposte anticipant les critiques qui pleuvent déjà sur «l’opacité» de la levée de 600 millions d’euros de dettes, le ministère des Finances assure que le Sénégal est en mesure d’honorer les échéances du service de la dette, citant notamment le remboursement de 471 millions de dollars au titre de l’Eurobond 2028 courant mars. Ces assurances n’ont pas convaincu les opposants au pouvoir.
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