C’est un nouveau front à très haut risque que vient d’ouvrir le Premier ministre sénégalais. Lors d’une conférence de presse tendue jeudi 12 mars, Ousmane Sonko a indiqué qu’il allait dénoncer toutes les conventions liant l’Etat aux 4 sociétés de cimenterie opérant dans le pays au motif qu’elles entraîneraient «un manque à gagner de plus de 400 milliards FCFA» au Trésor. En gros, il s’agit d’effacer d’un trait, les incitations (dépenses) fiscales dont bénéficient ces industriels, quitte à mettre en danger les business-plans adossés à leurs investissements, et surtout créer un climat d’insécurité juridique pour les opérateurs économiques en reniant la parole de l’Etat
Dans un communiqué, les cimenteries visées- Sococim Industries, Les Cimenteries du Sahel, Dangote Cement Sénégal et Ciments de l’Afrique Sénégal- ont réagi avec en rappelant «qu’elles ont toujours évolué dans un cadre de partenariat avec l’Etat, à travers des conventions conformes aux orientations nationales visant à encourager les investissements industriels». Selon les industriels, «ces accords ont permis au Sénégal de disposer de l’un des prix du ciment, les plus bas de toute la sous-région d’Afrique de l’Ouest» en mettant en garde contre les conséquences de leur annulation.
Les quatre cimenteries assurent que 400 milliards de FCFA ont été investis dans leur secteur entre 2021 et 2025. Sur le plan économique, le secteur se présente comme «un contributeur important aux finances publiques et un acteur clé de la modernisation du pays et de ses infrastructures (routes, logements, écoles ou hôpitaux).
Les cimentiers sénégalais rappellent que le secteur du BTP connaît depuis près de deux ans un ralentissement significatif qui affecte toute la chaîne de valeur de la construction. Ce coup de froid impacte directement la situation financière des fabricants de ciments. Si elle se confirme, la révocation des conventions d’investissement serait un coup de massue dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une hausse des coûts de l’énergie et du transport. Les industriels réaffirment leur disponibilité à poursuivre le dialogue avec les autorités afin de contribuer durablement au développement économique du pays, mais ils gardent aussi l’option d’aller en justice pour contester une décision qui menace non seulement leur secteur, mais aussi son écosystème (transporteurs, artisans du bâtiment, sous-traitants, etc.).





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