En RDC, le spectacle politique ressemble à une pièce tragique où deux hommes, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, s’affrontent sans relâche, chacun hantant l’autre, pendant que le pays s’effondre sous le poids des promesses non tenues, de l’insécurité grandissante et des injustices criantes
Au lieu d’une rupture épistémologique avec les pratiques du passé, le régime Tshisekedi semble avoir recyclé les vieux démons de la persécution politique, de la chasse aux sorcières et des accusations sans preuves, transformant Kabila en écran de fumée permanent.
Mais jusqu’à quand les Congolais resteront-ils spectateurs de ce théâtre de vengeance au lieu de voir des réformes concrètes ? L’heure est venue de rappeler que gouverner, c’est assumer, construire, réparer, et non se perdre dans les querelles du passé.
Quand le chasseur devient le chassé
En politique, chaque dirigeant hérite des succès et des échecs de son prédécesseur. Mais la maturité démocratique exige d’avancer, de corriger les erreurs sans devenir prisonnier du passé. Malheureusement, en République Démocratique du Congo (RDC), le leadership actuel semble englué dans un éternel jeu de blâme qui n’apporte aucune solution aux vrais problèmes du pays.
Le président Tshisekedi, à l’image de son homologue américain Donald Trump, critique régulièrement son prédécesseur. Pourtant, aux États-Unis, malgré les accusations virulentes de Trump à l’encontre d’Obama, jamais il n’a cherché à lui retirer ses droits, à l’arrêter ou à interdire son parti.
En RDC, le président Tshisekedi a transformé Joseph Kabila non seulement en adversaire politique, mais en obsession personnelle.
De l’accuser de financer les rebelles sans preuves publiques et vérifiées, à attaquer son parti politique, saisir ses biens et menacer sa famille, Tshisekedi a élevé la politique de vengeance à un niveau dangereux. Mais ce faisant, il oublie le principe fondamental du leadership : vous avez été élu pour gouverner, pas pour vous plaindre.
Les rebelles naissent des échecs de gouvernance, pas seulement des sponsors
Une autre rhétorique dangereuse de l’actuelle administration est de qualifier systématiquement toute opposition ou rébellion d’extension de Kabila. C’est une simplification absurde.
De nombreux jeunes Congolais prennent les armes non pas sur ordre de Kabila, mais parce qu’ils se sentent abandonnés, maltraités et exclus par l’État.
Les arrestations arbitraires, la torture, la pauvreté et l’injustice sont les meilleurs recruteurs pour les rébellions — pas les vieux politiciens.
Au lieu de privilégier l’intelligence, la réconciliation et des politiques inclusives, le gouvernement préfère les accusations sans preuve, alimente les divisions et criminalise toute opposition.
Le Congo mérite mieux
Le Congo n’a pas besoin d’un président qui passe son temps à combattre des fantômes.
Nous avons besoin d’un dirigeant qui :
Met en œuvre des politiques claires, transparentes et centrées sur le peuple ;
Réforme les institutions de justice et de sécurité pour les rendre impartiales, et non des armes politiques ;
Met fin à la politique de vengeance et ouvre un dialogue national sincère et inclusif ;
Prend des mesures audacieuses pour créer des emplois, relancer l’économie et redonner la dignité au peuple congolais.
Le leadership, c’est avancer, réparer, rassembler. Pas transformer son prédécesseur en bouc émissaire éternel.
Le Congo ne peut plus se permettre de rester enfermé dans ce cycle toxique où les dirigeants transforment leurs échecs en querelles personnelles avec leurs prédécesseurs.
L’histoire jugera non ceux qui ont crié le plus fort contre leurs anciens adversaires, mais ceux qui auront su rompre avec le passé pour construire un avenir meilleur.
Le peuple congolais attend un leadership d’action, pas un pouvoir d’accusation.
Le temps des excuses est terminé, place au courage politique et aux actes.
*Willy Lukanga
CEO, Easy Cargo Freight International




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