A moins d’un miracle, la sous-région n’atteindra pas son objectif de recettes fiscales équivalant à 20% du PIB avant 2048, voire 2061 au rythme actuel de la mobilisation des recettes d’impôts, s’alarme le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport qu’il vient de publier. Malgré deux décennies de réformes, le ratio moyen des recettes fiscales par rapport au PIB reste figé à 14%, bien en dessous de la norme du «Pacte de convergence» de l’UEMOA, aujourd’hui mis en veille
Entre 2001 et 2023, les recettes d’impôt de l’Union sont passées de 10% à 14% du PIB, une progression modeste en deux décennies et au regard des engagements de gouvernements, estime le FMI. L’UEMOA reste en retrait par rapport aux moyennes d’autres pays d’Afrique subsaharienne et à faible revenu. Le Fonds note que si la fiscalité indirecte, notamment la TVA, s’applique dans tous les pays, son rendement demeure inégal.
Les différences de la pression fiscale dans la sous-région reflètent les trajectoires contrastées des Etats. En 2023, au Sénégal elle s’élevait à 18% du PIB, tandis que la Guinée-Bissau plafonnait à seulement 9%. Entre ces extrêmes, des pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Burkina Faso ou le Mali disposent, selon le FMI, d’un potentiel de collecte largement sous-utilisé.
Pour élaborer ses projections, le FMI s’est appuyé sur un modèle économétrique pour estimer la «capacité fiscale» théorique des Etats, tenant compte de leurs fondamentaux économiques. Plusieurs pays pourraient mobiliser beaucoup plus, mais n’y parviennent pas. Au Bénin par exemple, l’écart entre recettes réelles et recettes potentielles dépasse six points de PIB. A l’inverse, la Guinée-Bissau, confrontée à des contraintes structurelles, dispose d’un potentiel plus limité.
Ce sous-recouvrement de l’impôt s’explique notamment par l’énorme poids du secteur informel dans les pays de l’UEMOA, bien souvent au-dessus de 80% du PIB. A cela s’ajoutent la ribambelle d’exonérations fiscales à l’efficacité contestable, et des dispositifs de collecte peu développés.
Le FMI rappelle que les impôts représentent plus de 80% des recettes totales (hors dons) dans tous les pays de l’UEMOA. Une mobilisation insuffisante fragilise donc la capacité des gouvernements à financer leur développement, accentue leur dépendance aux marchés et limite leur capacité à résister aux chocs extérieurs.
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