La Zambie accueille ce mercredi 19 novembre un Premier ministre chinois pour la première fois en 28 ans. Des analystes voient dans la visite «historique» de Li Qiang, une nouvelle manœuvre stratégique de Pékin afin d’accéder aux minerais que regorge ce pays et de consolider les positions de ses entreprises qui ont déjà une forte présence sur ce marché.
Les entreprises chinoises ont investi 6 milliards de dollars US en Zambie au cours des 20 dernières années, selon les données de l’American Enterprise Institute, la quasi-totalité de ces investissements se concentrant sur le secteur minier.
L’arrivée du Premier ministre Li Qiang à Lusaka s’inscrit dans une volonté d’approfondir la présence de la Chine dans ce pays riche en gisements de cuivre. Cette visite intervient au moment où Lusaka est engluée dans une interminable restructuration de sa dette.
La Zambie compte sur les investissements des groupes miniers chinois pour relancer son économie
La Chine est en effet le principal créancier officiel de la Zambie, à qui elle doit 5,7 milliards de dollars. La dette extérieure de la Zambie estimée à 13,4 milliards de dollars, est soumise à un plan de remboursement draconien. Alors qu’elle s’est montrée plus que réservée à toute idée de concéder l’effacement partiel des arriérés d’intérêts dus par la Zambie dans le cadre de la restructuration de la dette, Pékin affirme étrangement vouloir «montrer comment les nations africaines peuvent se remettre de crises financières grâce à son aide !» Pékin tient par ailleurs à mettre en avant les pays qui sont des «membres modèles» de l’initiative «Nouvelles Routes de la Soie.»
La Banque mondiale prévoit une croissance de 6,5 % pour l’économie zambienne en 2026, dépassant ainsi la moyenne de 5 % enregistrée au cours des deux dernières décennies.
Chine Vs USA : le chemin de fer Tazara contre le Corridor de Lobito
«Li Qang va renforcer la présence de la Chine dans un pays d’une importance stratégique,» décrypte Eric Olander, co-fondateur du projet Chine-Sud global. Le président zambien Hakainde Hichilema compte sur les investissements de groupes miniers chinois pour relancer une économie en difficulté. L’industrialisation de la Zambie nécessite de nouveaux investissements dans les secteurs minier, des infrastructures et des capacités de production, tandis que la Chine souhaite accroître ses exportations de tracteurs, d’équipements électriques et d’engins de chantier.
La Chine a décaissé des prêts à la Zambie cette année destinés à la rénovation du chemin de fer Tazara, une opération considérée comme une riposte au corridor Lobito soutenu par les Etats-Unis et l’Union européenne. Elle avait déjà financé cette ligne ferroviaire dans les années 1970 pour atteindre les vastes gisements de cuivre du pays via la Tanzanie.
Sur la page Facebook de la mission diplomatique de la Chine à Lusaka, Han Jing, ambassadeur, indique que la visite de Li devrait déboucher sur des dizaines d’accords de coopération. « L’impact de l’aide et des investissements chinois se fait sentir dans tout le pays, constituant une force importante pour la transformation économique et le progrès social de la Zambie », ajoute le diplomate.





Zambie





