Réunis à Addis-Abeba les 14 et 15 février, les chefs d’État africains lancent un thème annuel consacré à l’accès durable à l’eau et à l’assainissement, sur fond de pénuries massives et d’enjeux sécuritaires
Le 39 ème Sommet, placé sous le thème «Garantir un accès durable à l’eau et à des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063,» a réuni des chefs d’État et de gouvernement ainsi que des partenaires au développement afin de faire progresser le dialogue sur l’intégration continentale, la transformation économique, la résilience climatique et le développement durable en Afrique.
La participation de la BADEA, sous la conduite de son Président Abdullah KH Almusaibeeh, Président, réaffirme l’engagement constant de la Banque à soutenir les priorités de développement de l’Afrique, notamment dans les secteurs essentiels liés aux infrastructures durables, et à renforcer ses partenariats avec les États membres et les partenaires au développement.
Selon les données citées par l’Union africaine dans un communiqué, environ 400 millions de personnes sur le continent n’ont pas accès à l’eau pour leurs besoins quotidiens et plus de 800 millions sont privées de services d’hygiène de base. L’organisation panafricaine considère la sécurité hydrique comme un enjeu stratégique lié au développement, à la paix et au climat.
Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a estimé que l’eau devait être considérée comme un «bien collectif» à préserver, soulignant, lors d’une réunion préparatoire du Conseil exécutif, son rôle dans la stabilité et le rapprochement entre États.
Le commissaire à l’Agriculture, au Développement rural, à l’Économie bleue et à l’Environnement durable, Moses Vilakati, a indiqué que la Commission avait élaboré une feuille de route portant notamment sur la gouvernance, les engagements politiques, le financement, les partenariats et le renforcement des capacités. Il a appelé les États à accroître les investissements consacrés à l’eau.
Eau et assainissement, des «infrastructures économiques»
Le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a pour sa part souligné que l’eau et l’assainissement constituaient des «infrastructures économiques.» Citant des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il a rappelé que les maladies liées à l’eau provoquent environ 115 décès par heure en Afrique.
Les travaux du sommet, prévus jusqu’à ce dimanche 15 février, portent également sur le rapport du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, l’état de la paix et de la sécurité sur le continent, ainsi qu’un projet de protocole d’accord sur l’utilisation de la Force africaine en attente.
Les dirigeants examineront aussi le rapport sur les réformes institutionnelles de l’UA et entendront une communication du Président sud-africain Cyril Ramaphosa sur le sommet des dirigeants du G20 tenu en novembre 2025 en Afrique du Sud et sur la participation de l’organisation au G20.
À l’issue des délibérations, les chefs d’État et de gouvernement doivent adopter décisions, déclarations et résolutions, instruments formels d’orientation des politiques de l’Union.
Le sommet s’achèvera par une conférence de presse conjointe du Président de la Commission de l’UA et du Président en exercice de l’Union.

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