Le ministre sud-africain des Finances, Enoch Godongwana, présentera mercredi 25 février, le projet de loi de finances 2026 au Parlement. Les investisseurs suivent de près la capacité du gouvernement à maintenir la stabilité de la dette du Trésor et à limiter les emprunts sans nouvelles hausses d’impôts. Les économistes de grandes banques opérant dans le pays décryptent les enjeux de ce projet de loi de finances
L’embellie des prix des exportations sud-africaines, notamment de l’or qui atteint plus de 5.000 dollars l’once et d’autres métaux, a stimulé la rentrée des recettes et donné un peu plus de marge budgétaire au gouvernement durant l’exercice en cours. Tout en étant prudents pour l’exercice 2026/2027, les analystes relèvent que les autorités misent sur la poursuite de cette éclaircie. Ainsi, l’économiste de Morgan Stanley, Andrea Masia, assure que le projet de loi de Budget 2026 du ministre des Finances, Enoch Godongwana, «pourrait être l’un des plus optimistes préparés par le Trésor depuis de nombreuses années.» Le déficit budgétaire devrait légèrement reculer cette année de 4,5 % à 4,4 % du PIB, prévoit Goldman Sachs. Hors paiements d’intérêts sur la dette, cela représente un excédent de 1 % du PIB, a précisé la banque.
L’envolée des cours des métaux sur le marché international et la vigueur de la consommation des ménages ont renfloué les caisses de l’Etat, tandis que les pressions politiques limitent la tentation d’activer le levier de la hausse d’impôts. Les analystes de BNP Paribas en concluent «qu’il n’y aura pratiquement aucun débat sur les hausses d’impôts.»
Par ailleurs, les marchés scruteront les modifications apportées aux tranches d’imposition sur le revenu des particuliers et de ménages, aux crédits d’impôt pour frais médicaux et aux droits de douane qui pourraient accroître les recettes même si les taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de l’impôt sur le revenu (IR) restent inchangés. De son côté, Nedbank souligne que ces rentrées d’argent supplémentaires pourraient donner au Trésor plus de marge de manœuvre pour ajuster les tranches d’imposition sur le revenu qui n’ont pas été indexées sur l’inflation depuis deux ans. Le Budget pourrait ainsi inclure un cadre de plafonnement des dépenses, indexant les dépenses sur la croissance des recettes. Mais le FMI est réservé sur l’efficacité de ce mécanisme. Dans son bilan économique annuel publié début février, le Fonds a relevé que les plafonds de dépenses introduits en 2012 n’ont pas empêché l’augmentation de la dette. Il a insisté sur la nécessité de limites plus claires et plus contraignantes qui puissent perdurer au-delà du cycle politique.
Sur les marchés financiers, les investisseurs se montrent plutôt optimistes tout en étant vigilants sur les efforts de la maîtrise de la dette. Les obligations locales sont en hausse depuis plusieurs semaines, les rendements des titres à long terme tombant à leurs plus bas niveaux en 10 ans grâce à l’optimisme suscité par la hausse des recettes du Trésor. JPMorgan affirme s’attendre à «plus de 50 % de chances d’une nouvelle réduction des émissions d’obligations d’Etat sud-africaines à taux fixe,» potentiellement à 2,5 milliards de rands par semaine, contre 3 milliards actuellement. Nedbank prévoit également que le Trésor émettra davantage d’obligations étrangères pour honorer 4,3 milliards de dollars d’échéances extérieures au cours de l’exercice 2027.





Afrique du Sud
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