Attendue depuis plus de dix ans, la construction de l’autoroute reliant Ouagadougou à Bobo-Dioulasso est officiellement lancée. Ce projet structurant, financé sur fonds propres, incarne l’ambition des autorités burkinabè de moderniser les infrastructures routières et de renforcer l’intégration économique du pays.
Le Burkina Faso a donné le coup d’envoi des travaux de construction de l’autoroute Ouagadougou–Bobo-Dioulasso, un corridor vital reliant les deux principales villes du pays, à la fois pôles économiques, démographiques et commerciaux. Longtemps annoncée, cette infrastructure majeure marque une étape décisive dans la politique d’investissement public en faveur des routes à grande capacité.
Pensée comme un levier de transformation économique, l’autoroute doit contribuer à désengorger l’axe existant, améliorer la sécurité routière et accompagner la croissance des échanges entre le centre et l’ouest du pays.
Une autoroute moderne financée sur fonds propres
Porté par l’Initiative gouvernementale Faso Mêbo, le projet prévoit la réalisation d’une autoroute de 332 kilomètres en 2 x 4 voies, équipée de plusieurs ouvrages d’art, notamment des échangeurs. L’objectif est clair : réduire significativement le temps de trajet, fluidifier le transport des marchandises et renforcer la compétitivité logistique du corridor central.
Selon les autorités burkinabè, le financement sera assuré exclusivement sur fonds propres. Près de 200 milliards de FCFA (environ 357 millions de dollars US) devraient être mobilisés à cet effet dans le budget de l’année 2026, un choix qui témoigne de la volonté de l’État de garder la maîtrise du projet.
Une vision nationale du désenclavement
Au-delà de l’axe Ouagadougou–Bobo-Dioulasso, cette autoroute s’inscrit dans une stratégie plus large de désenclavement du territoire national. Le gouvernement ambitionne de relier, à terme, l’ensemble des chefs-lieux de régions par des voies rapides.
Cette nouvelle orientation se traduit déjà par la révision de certains projets existants. La route Koudougou–Yako, initialement prévue comme une voie classique, sera désormais construite sous forme d’autoroute 2 x 2 voies, confirmant le changement d’échelle dans la planification des infrastructures routières.
Des retombées économiques attendues, des défis à relever
Pour les acteurs économiques, les perspectives sont prometteuses : réduction des coûts de transport, amélioration de la chaîne d’approvisionnement, dynamisation du commerce intérieur et attractivité accrue des zones traversées. L’autoroute pourrait également stimuler l’industrialisation et favoriser une meilleure intégration des marchés régionaux.





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