La visite de travail du Premier ministre du Congo-Brazzaville, Anatole Collinet Makoso, la semaine dernière à Dakar, a permis d’en apprendre un peu plus sur les raisons qui ont conduit à la suspension du contrat de fournitures d’électricité au Congo par la Société d’électricité du Sénégal (Senelec) dont c’était la première expérience à l’international
En visite de travail du 13 au 15 juin derniers à Dakar, le Premier ministre congolais a abordé la question avec son homologue Ousmane Sonko. Anatole Collinet Makoso a reconnu que le «travail pédagogique préalable à la mise en œuvre du contrat n’a pas été assez efficace.» En termes moins diplomatiques, cela veut dire que l’opérateur sénégalais n’avait peut-être pas les épaules, ni les capacités nécessaires pour ce contrat de concession. En plus, la Senelec s’était fâchée avec les syndicats sans compter les inquiétudes de la population qui n’a pas perçu de changement radical par rapport à la situation d’avant l’arrivée de l’énergéticien sénégalais. Pour ne pas froisser ses hôtes, le Premier ministre congolais a précisé que «la suspension du contrat de la Senelec était temporaire, le temps de mettre au point les 48 mesures préalables contenues dans l’accord.»
Le Premier ministre congolais s’est dit convaincu que le contrat sera validé une fois les mesures préalables réglées. Mais à Brazzaville comme à Dakar, les analystes ne se font guère d’illusion après qu’il a révélé l’ampleur des «préalables» de «48 mesures à résoudre.» La rupture est en route.
Le contrat de concession déléguée de la distribution d’électricité par la Senelec a été signé le 13 février dernier entre le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique du Congo, Emile Ouosso, et le Directeur général de la Senelec, Pape Toby Gaye. Selon les termes du contrat, la Senelec, à travers sa filiale locale (la Société nationale d’électricité du Congo) devait assurer pendant 10 ans la distribution de l’électricité à travers le pays. Mais également la gestion, l’entretien, la maintenance et l’amélioration des performances du service public de l’électricité, à travers les systèmes de facturation de créances et de suivi des abonnés. Mais quatre mois après, il semble que les autorités de Brazzaville doutent de la capacité de l’énergéticien sénégalais à relever ce défi.





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