Ce 17 juillet, la Côte d’Ivoire a fait son entrée sur le marché obligataire japonais avec une émission de 50 milliards de yens (l’équivalent de 300 millions d’euros) à dix ans, assortie d’un coupon fixe de 2,3 %. Une opération inédite pour un pays d’Afrique subsaharienne, et un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux. Soutenue par la Japan Bank for International Cooperation (JBIC), cette émission s’inscrit dans la stratégie de diversification des financements engagée par Abidjan depuis plusieurs années
Depuis janvier 2024, la Côte d’Ivoire accélère sa stratégie de financement sur les marchés internationaux, multipliant les opérations à forte valeur, avec une première levée de 2,6 milliards de dollars via des obligations vertes et bleues. En mars 2025, le pays franchit une nouvelle étape en émettant un Eurobond de 1,75 milliard de dollars, complété par une mobilisation de 220 milliards de francs CFA. Il s’agit de la première obligation sur les marchés internationaux libellée en monnaie locale. À cette mécanique s’ajoute un dispositif innovant avec le prêt de 400 millions d’euros par Mitsubishi UFJ Financial Group Inc., via un schéma de «dette contre programme de développement» garanti par la Banque mondiale. À la veille de l’émission du Samouraï Bond, les engagements d’Abidjan envers le secteur bancaire japonais avoisinaient déjà 900 millions de dollars.
La Côte d’Ivoire travaille déjà sur de nouvelles obligations climatiques. Des green bonds et blue bonds sont à l’étude, avec l’appui de la Banque africaine de développement et du Climate Bonds Initiative. L’objectif est de mobiliser plus de 2 milliards de dollars pour des projets liés à la résilience climatique.
Parallèlement, des discussions sont en cours avec plusieurs fonds souverains du Golfe (Qatar, Émirats arabes unis, Koweït, Bahreïn, Oman) pour capter des financements non conventionnels. Une cartographie de créanciers en pleine redéfinition.
Un dynamique reconnue et saluée
Cette offensive financière n’a pas échappé aux agences de notation. En juin, Moody’s a rehaussé la note souveraine de la Côte d’Ivoire de Ba3 à Ba2, la plaçant juste derrière le Botswana sur l’échelle des signatures africaines.
Selon les autorités, cette décision récompense plus d’une décennie de réformes pilotées sous la houlette du président Alassane Ouattara. Malgré un contexte mondial tendu, l’économie ivoirienne a enregistré une croissance de 6 % en 2024, selon les chiffres officiels, tandis que l’inflation a été contenue à 3,5 %.
Les projections demeurent favorables avec une croissance attendue de 6,3 % en 2025 et de 6,4 % en 2026, confirmant la solidité et la résilience du modèle économique ivoirien.
Ces efforts s’inscrivent dans la mise en œuvre du Plan national de développement (PND 2021-2025), pilier de la stratégie économique ivoirienne. Doté d’un objectif ambitieux de mobilisation de 98 milliards d’euros d’investissements publics et privés, le PND vise à transformer structurellement l’économie du pays, à renforcer l’inclusion sociale et à stimuler la compétitivité. À ce titre, il repose sur plusieurs axes : l’industrialisation, l’amélioration du capital humain, les infrastructures et la gouvernance. Le programme soutenu par le FMI, d’un montant de 3,5 milliards de dollars, vient en appui direct à cette stratégie de développement.
En mai 2023, l’institution a validé un programme de 3,5 milliards de dollars sur quarante mois, représentant 400 % de la quote-part du pays. En juin 2025, un décaissement de 758 millions de dollars a été approuvé, preuve de la satisfaction des bailleurs internationaux.
Un endettement contenu
En 2024, la dette publique de la Côte d’Ivoire est estimée à 47,7 milliards d’euros, soit 59,3 % du PIB. Un niveau en progression, mais toujours inférieur au seuil communautaire des 70 % fixé par l’UEMOA. Rapportée au nombre d’habitants, elle représente environ 1 530 euros par personne, très loin des 28 267 euros de moyenne dans l’Union européenne.
La structure de la dette reste favorable. Plus de 90 % des encours sont à taux fixe, pour une maturité moyenne de 7,5 ans. Moins de 15 % est libellée dans une devise autre que le franc CFA ou l’euro, limitant l’exposition au risque de change.
Selon les dernières analyses conjointes du FMI et de la Banque mondiale, le risque de surendettement reste modéré. Le déficit budgétaire, qui atteignait 5,2 % du PIB en 2023, devrait être contenu à 4,0 % en 2024, avant de converger vers les 3 % exigés par les critères de l’UEMOA. Une trajectoire jugée crédible grâce à la mobilisation accrue des recettes et à la discipline sur les dépenses.


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