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… Et si le Congo Brazzaville prenait la voie des Émirats arabes unis

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Riche de ses forêts luxuriantes, de ses ressources minières, de ses cours d’eau et surtout de son pétrole, le Congo est une terre bénie. Du moins, elle aurait pu l’être, et n’avoir rien à envier à Singapour, au Qatar, aux Émirats arabes unis… Mais, quand on sait que dans certaines localités du pays des ménages utilisent encore le pétrole lampant… La comparaison s’arrête-là.

Aujourd’hui, la priorité du gouvernement de la république du Congo est de mieux promouvoir sa destination, notamment en termes d’investissements. Dubaï Expo 2020, où se retrouve le gotha de la finance mondiale et des affaires est tout indiqué pour promouvoir le Congo. Pour les autorités de Brazzaville, les cinq prochaines années pourraient être un tremplin vers cet objectif visant à augmenter et favoriser un accès abordable, fiable et moderne à l’énergie pour tous.

Le nerf de la guerre. L’énergie pour tous est indispensable pour réussir la politique de diversification de l’économie du pays afin de la soustraire enfin des aléas des hydrocarbures, notamment du secteur pétrolier. Pour ce faire, le Congo ne manque pas d’ersatz et d’atouts.

Le pays est doté d’immenses ressources naturelles : la dense forêt équatoriale à perte de vue sur la quasi-totalité du territoire national, des fonds des fleuves, des lacs… riches en poissons et d’autres ressources insuffisamment exploitées. Pour ne pas dire des ressources qui dorment.

Un ami banquier qui connaît bien ce pays me parlait des poissons qui meurent de vieillesse que quelques richissimes américains en mal de tourisme exotique viennent pêcher à prix d’or lors de voyages touristiques d’au plus d’une semaine.

Que dire de son imposante façade maritime, peu exploitée et pouvant constituer pourtant une rente géographique pour desservir plusieurs pays de l’hinterland de la région de l’Afrique centrale ? Des zones économiques auraient pu éclore sur cette terre d’opportunités, fertile où l’on importe pourtant tout ou presque. Une population, comme partout en Afrique, jeune et résiliente…

Une telle profusion d’opportunités est une occasion unique pour Anatole Collinet Madosso, Premier ministre du Congo d’être le VRP numéro 1 de son pays au Dubaï Expo 2020. Il a plusieurs cartes en main pour attirer le capital et le savoir-faire étrangers. A plusieurs égards, Dubaï, avec lui les Emirats arabes unis, est justement un modèle économique et managérial parfait qui peut servir d’exemple à ce pays de taille moyenne d’Afrique centrale pour réussir son décollage. Pour illustrations, naguère, les Emirats arabes unis n’étaient qu’un îlot de pêcheurs faiblement habités, au-delà de sa position géographique, aujourd’hui, c’est un pays envié dans le Golfe persique et ailleurs … Par homothétie, pour emprunter le terme au mathématicien français Michel Chasles, le Congo présente les mêmes atouts que les Émirats arabes unis. En sus des forêts et de la pluviométrie abondante. Il a tout pour réussir sa transformation économique et sociale afin d’attirer les investisseurs et les touristes du monde entier.

Étant parfaitement conscient que le Congo est un gisement en or qui ne cherche qu’à être exploité au bénéfice de ses habitants, son Premier ministre s’est livré en une énumération d’opportunités faisant saliver tout détenteur de capitaux à la recherche d’un placement sûr et rentable.

Il n’a pas manqué de présenter les opportunités économiques qu’offre le pays dans différents secteurs d’activité à fort potentiel de croissance, afin de susciter l’intérêt d’éventuels investisseurs. Il s’agit notamment des énergies renouvelables et fossiles, car le pays est principalement desservi par des barrages hydroélectriques et des centrales à gaz. Sans oublier l’installation de parcs solaires photovoltaïques dans les zones urbaines et rurales pour fournir de l’électricité aux ménages à faible revenu.

Les mines ne sont pas en reste. Construire une industrie minière florissante, afin d’en exploiter les avantages pour l’économie, grâce à une pléthore de ressources naturelles non pétrolières (minerais de fer, magnésium, diamant, potasse, phosphate, zinc, or …) pour créer des milliers d’emploi, n’est pas une vue de l’esprit.

Dans le domaine agricole, le potentiel du Congo est estimé à 10 millions d’ha de terres arables arrosées pratiquement tout au long de l’année.

Dans le domaine des infrastructures, la République du Congo est une mine d’opportunités. «…Des investissements étrangers et des partenaires public-privé pour les maintenir, les restaurer et les améliorer, en particulier dans les ports, l’industrie du tourisme, ainsi que la fabrication et la construction d’usines de transformation» sont recherchés. Des opportunités que le chef du gouvernement égrène.

Au-delà, le Congo est juste le reflet de tous les pays africains riches et pauvres à la fois et qui auraient pu servir d’exemples au reste du monde, mais qui n’ont pas su se mettre sur la rampe de l’émergence au moment opportun. Le Congo, c’est l’Angola avec son pétrole qui croule sous la dette, c’est le Mali avec son or qui n’a pas réussi son développement, c’est le Nigeria avec son marché intérieur qui continue pourtant d’importer l’essentiel des biens manufacturés dont il a besoin, c’est une Algérie qui a déçu toutes les promesses portées en elle par l’Afrique des indépendances. C’est la Mauritanie, un pays assis sur d’immenses ressources naturelles, avec une population pauvre à cause de la corruption et de l’incurie généralisées des élites… Aucun plan de développement n’est viable dans une telle conjoncture malsaine.

Cette prise de conscience manifestée à Dubaï est pourtant synonyme de nouvel espoir pour le continent à condition que les économies africaines sachent capter la valeur ajoutée, que les dirigeants luttent contre la corruption, fassent de la formation et de l’éducation une priorité et que partout la paix et la stabilité reviennent enfin.

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