Le groupe canadien Barrick Mining, présent au Mali depuis plus de 25 ans, anticipe une production estimée entre 260.000 et 290.000 onces d’or en 2026 pour la mine de Loulo-Gounkoto, indique son rapport financier publié le 5 février. Au moment où le cours du métal jaune titille les 5.000 dollars l’once, il s’agit d’une excellente nouvelle non seulement pour les actionnaires de la société, mais aussi pour le Trésor malien.
Cette indication marque surtout le retour de cet actif dans les plans de production du major minier canadien après en avoir été exclu l’an dernier sur fond de tensions avec Bamako.
Application des nouvelles clés de répartition du code minier 2023

Plus grande mine d’or du Mali, Loulo-Gounkoto a été au cœur d’un bras de fer entre Barrick et les autorités maliennes, l’Etat ayant décidé d’appliquer au groupe les nouvelles clés de répartition des revenus prévues dans le nouveau Code minier de 2023. Ce différend a franchi un cap en janvier 2025, lorsque la compagnie a fermé le site après la saisie par les autorités d’un stock d’or.
Le site est ensuite resté à l’arrêt jusqu’en juin 2025, date à laquelle il a été placé sous administration provisoire à la demande du gouvernement, en vue d’une reprise des opérations. Une évolution est toutefois intervenue en novembre, avec la conclusion d’une transaction ayant mis fin au litige entre les deux parties. L’accord prévoyait notamment l’abandon par Bamako de l’ensemble des charges visant les filiales locales de Barrick, ainsi que la restitution du stock d’or saisi et du contrôle opérationnel du site à la compagnie.
Barrick de nouveau aux commandes
En contrepartie, la société s’est engagée à retirer les procédures d’arbitrage international engagées contre le Mali et à verser 253 millions de dollars US à l’Etat malien. Selon la note publiée par Barrick, ce cadre de résolution a été effectivement mis en œuvre, lui permettant de reprendre le contrôle opérationnel du site le 18 décembre dernier, avec une relance de la production dans les derniers jours de l’année. Pour l’exercice en cours, Barrick Mining a intégré dans ses prévisions, l’impact de la reprise progressive à Loulo-Gounkoto. En comptant la part de l’Etat malien, 20 %, la mine produirait jusqu’à 362.500 onces, mais ce niveau reste bien en dessous des 723.000 onces d’or livrées en 2024.
Après avoir produit au total 3,2 millions d’onces d’or en 2025 sur l’ensemble de son portefeuille, le groupe vise le même niveau pour l’exercice 2026, comptant sur la contribution de Loulo-Gounkoto. Le portefeuille de Barrick Mining comprend une dizaine de mines réparties sur plusieurs continents, dont plusieurs en Afrique, avec notamment Kibali (RDC), North Mara et Bulyanhulu en Tanzanie.
Vers le renouvellement du permis de Loulo
Pour l’Etat malien, la relance de Loulo-Gounkoto est plus que stratégique au regard de la poursuite du trend haussier des cours de l’or tout au long de l’année 2026. Par ailleurs, les discussions se poursuivent entre Bamako et Barrick sur le renouvellement du permis minier de la mine Loulo, partie intégrante du complexe Loulo-Gounkoto. Ce bail, censé expirer ce mois de février, est en instance de prorogation pour dix ans supplémentaires, indique Barrick, sans préciser si les négociations tiennent compte du nouveau code minier.
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)




Mali





