Le billet vert s’est apprécié par rapport aux principales devises pour la troisième journée consécutive ce jeudi 12 mars, restant proche de ses plus hauts niveaux de l’année alors que l’envolée des prix de l’énergie continue d’alimenter les craintes d’inflation. Ce tableau pourrait contraindre les banques centrales à réévaluer la nécessité de hausses de taux d’intérêt en relevant leurs principaux taux directeurs
Sans surprise, les devises des plus grands importateurs d’énergie au monde ont enregistré les plus fortes dépréciations face au dollar depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. La roupie indienne et le yen japonais ont perdu plus de 1,5 % chacun, tandis que l’euro et le won coréen ont respectivement cédé 2 % et 3 % par rapport au dollar.
Parallèlement, la devise américaine s’est appréciée de plus de 1,5 % comparé à un panier de devises majeures. Son cours se rapproche de son plus haut niveau depuis novembre 2025, grâce notamment à son statut de valeur refuge, mais aussi parce que les Etats-Unis sont un exportateur net d’énergie.
«Aujourd’hui, le principal enjeu est le gaz et le pétrole, et la zone euro y est très exposée. C’est pourquoi on observe une baisse généralisée de l’euro,», explique Lefteris Farmakis, stratégiste chez Barclays. L’euro a reculé de 0,1 % à 1,1558 dollar, non loin de son plus bas niveau depuis novembre dernier. Selon l’analyste de Barclays, de manière générale, l’euro perdrait environ 0,5 % vis-à-vis du dollar pour chaque hausse de 10 % du baril du pétrole, et 2,5 % lorsque le prix du gaz naturel double.
Les secousses se propagent dans l’industrie du crédit privé
Le cours du Brent a grimpé de plus de 10%, atteignant un sommet de 101,59 dollars le baril, même après que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a décidé de libérer 400 millions de barils de pétrole provenant des stocks stratégiques de 32 pays membres pour contenir la flambée des prix du brut. Pour rappel, la Chine n’est pas membre de l’AIE.
Les prix du gaz naturel en Europe ont augmenté d’environ 70 % depuis le début du conflit, après avoir brièvement doublé au cours des premiers jours.
La livre sterling a reculé de 0,2 % à 1,338 dollar, légèrement au-dessus de son plus bas niveau de l’année. Le yen s’est brièvement déprécié sous la barre de 159 pour 1 dollar et s’établissait à 158,66, proche de son plus bas niveau depuis juillet 2024.
De nouvelles secousses se sont propagées dans le monde du crédit privé, cette fois-ci de la part de la société suisse de capital-investissement Partners Group , que le Financial Times a cité dans son édition de ce jeudi 12 mars, indiquant que les taux de défaut dans le secteur pourraient doubler au cours des prochaines années. La possibilité d’un nouveau choc sur les prix de l’énergie a incité les opérateurs à revoir leurs prévisions concernant les taux d’intérêt. Le marché des swaps a révélé que les opérateurs anticipent une hausse des taux de la Banque centrale européenne dès juin, tandis que la Réserve fédérale américaine pourrait attendre septembre avant de les abaisser, contre juillet initialement prévu.











