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Nigeria: Le FMI et la Banque mondiale exigent des réformes avant tout prêt

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Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont intensifié leur pression sur le Nigéria pour accélérer les réformes monétaires sans lesquelles la plus grande économie du continent pourrait ne pas atteindre la croissance nécessaire pour sortir de la pauvreté des millions d’habitants.

Selon le FMI, un taux de change flexible et uniforme entre le marché bancaire et les intermédiaires est nécessaire pour réduire les déséquilibres extérieurs et stimuler l’activité économique domestique chez le géant d’Afrique de l’Ouest. Cette recommandation faite à l’endroit des autorités monétaires nigérianes arrive au moment où le pays vient d’annoncer sa deuxième récession en l’espace de quatre ans. Le FMI a en effet conclu une consultation virtuelle, en fin de semaine dernière.

Pour sa part, la Banque mondiale avait également déclaré, juste avant le FMI, que l’administration du président Muhammadu Buhari devait changer sa politique de change si elle voulait décrocher un prêt de 1,5 milliard de dollars.


Il s’agit clairement d’une pression concertée entre les deux institutions de Brettons Woods pour pousser le Nigeria à implémenter rapidement des réformes.

Le pays le plus peuplé du continent sollicite un concours financier pour surmonter une crise qui pourrait plonger 11 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté d’ici 2022, ce qui porterait le nombre total à 100 millions, soit environ la moitié de la population.

Le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria Godwin Emefiele et le ministre des Finances Zainab Ahmed ont déclaré qu’ils feraient en sorte que le naira soit plus flexible avec un taux de change unifié, afin que le FMI débloque quelque 3,4 milliards de dollars de financement d’urgence.

Il faut dire que, comme la plupart des pays exportateurs de pétrole, le Nigeria traverse une mauvaise passe qui l’oblige à solliciter les bailleurs de fonds internationaux.

En outre, la forte baisse des revenus en dollars a contraint le gouvernement fédéral à dévaluer la monnaie de plus de 20% cette année. Malgré cette dépréciation, le naira reste trop cher et une pénurie de dollars commence à nuire aux entreprises locales, estiment certains économistes.

La situation commence à être inquiétante, vu que les revenus par tête d’habitant connaissent une forte baisse, qui les ramène à un niveau proche des années 1980. En l’absence de réforme, les experts craignent que la situation mettra du temps à s’améliorer.

«Les politiques actuelles offrent peu de visibilité. Le PIB réel devrait se contracter de 3,25% en 2020. La reprise devrait commencer en 2021, avec une croissance modérée de 1,5% et une production ne retrouvant son niveau d’avant la pandémie qu’en 2022 », estime le FMI.

«Le Nigéria se trouve à un moment critique de son histoire», avait déclaré Shubham Chaudhuri, directeur de la Banque mondiale au Nigéria, lors d’un webinaire tenu le jeudi dernier. «Le pays a le choix «de continuer ou non sur la même voie ou de rompre de manière décisive avec le passé», a-t-il déclaré. Les multiples taux de change du Nigeria sont encore loin du taux fixe de la banque centrale selon la Banque mondiale. Il faudra les fusionner tous, tout en faisant flotter le naira de manière plus libre afin d’accélérer la reprise de l’économie

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