
«Le Nigeria est entré dans une phase de consolidation économique après deux années de réformes qui ont permis de stabiliser l’inflation, de stabiliser la monnaie (ndlr : le naira) et de renforcer la confiance des investisseurs,» a déclaré jeudi 15 janvier le ministre fédéral des Finances, Wale Edun lors de la traditionnelle conférence de presse du début de l’année.
Dans un exercice d’auto-congratulation, le ministre des Finances s’appuie, à juste titre, sur les résultats concrets des réformes structurelles mises en œuvre par l’administration du Président Bola Tinubu en fonction depuis 2023. La plus ambitieuse de toutes, et qu’aucun gouvernement n’a jamais osée, est la suppression de subventions aux carburants et à l’énergie, une politique ruineuse pour les finances publiques. La dévaluation de la monnaie nationale (naira) et la réforme fiscale complètent ce paquet de réformes structurelles déclinées en deux ans malgré leur coût social immédiat.
Ces mesures ont été douloureuses pour les couches les plus modestes de la population, mais elles ont néanmoins jeté les bases d’une amélioration des indicateurs macroéconomiques et de l’assainissement des finances publiques, explique l’argentier du pays. Le principal syndicat du Nigeria ne partage pas le même enthousiasme. Pour lui, les réformes de Tinubu ont durement touché des millions de travailleurs en érodant leur pouvoir d’achat, et en les plongeant dans la précarité.
L’inflation et l’équilibre extérieur contenus
Grâce à des réformes courageuses, le gouvernement a réussi à améliorer deux variables majeures sur quatre du fameux «carré magique» de Nicholas Kaldor. Ainsi, l’inflation a été contenue à 14,45 % en novembre 2025, contre 33,18 % un an plus tôt, tandis que le naira s’est raffermi avec une parité en dessous de 1.500 pour un dollar. La croissance s’est établie en moyenne à 3,78 % au cours des neuf premiers mois de 2025 et les réserves de change sont réparties à la hausse pour s’établir à 45,5 milliards de dollars l’année dernière. «Le Nigéria ne peut se permettre de marquer une pause ou de reculer. Il s’agit maintenant de transformer la stabilité en une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois,» affirme le ministre des Finances.
En 2026, il est prévu une croissance de 4,68 %, avec une inflation moyenne de 16,5 % et un naira se stabilisant autour de 1.400 pour un dollar. L’argentier du pays, Wale Edun, se montre rassurant sur les inquiétudes concernant la dette publique, qui s’élève à 152.000 milliards de nairas, en affirmant que «cette hausse reflétait une plus grande transparence et des ajustements du taux de change plutôt que de nouveaux emprunts.»
Le ministre indique que sur le montant de la dette, 30.000 milliards de nairas correspondaient à un soutien non comptabilisé de la banque centrale, et 49 000 milliards provenaient de la réévaluation des devises. Le ratio dette/PIB du Nigeria s’établit à 36,1 %, l’un des plus bas au monde.





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