Le projet de ligne ferroviaire reliant le Nigeria au Niger avance rapidement, avec des taux de réalisation déjà bien engagés. Ce chantier s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du réseau ferré nigérian, visant à désengorger les routes et à renforcer l’intégration économique régionale
La construction du corridor ferroviaire entre le Nigeria et le Niger connaît une progression notable, selon les déclarations du ministre nigérian des Transports, Sa’idu Alkali, relayées par la presse locale. Le tronçon Kano-Maradi a déjà atteint 61 % de réalisation physique, tandis que la section Kaduna-Kano, en voie à écartement standard, est à 53 % d’avancement. Cette dernière devrait être achevée d’ici 2026.
Un réseau national en pleine transformation
Outre cette liaison transfrontalière, plusieurs projets ferroviaires sont en cours dans le centre et le sud du pays, visant à connecter des villes stratégiques comme Abuja et Port Harcourt, mais aussi des zones industrielles, portuaires et logistiques. Ces initiatives font partie d’un programme de modernisation lancé il y a près d’une décennie. Il prévoit la rénovation de 2 788 km de voies ferrées, incluant la conversion des anciennes lignes métriques en voies à écartement standard (SGR) et la création de nouvelles lignes.
Ce vaste chantier vise à développer un maillage ferroviaire plus efficace sur l’ensemble du territoire, afin d’alléger la pression sur le réseau routier, aujourd’hui principal vecteur du transport de marchandises au Nigeria. À plus grande échelle, le Nigeria espère redevenir une plateforme logistique régionale majeure, notamment pour les importations et exportations du Niger.
Repositionner le Nigeria face à la concurrence régionale
Malgré une longue tradition d’échanges commerciaux entre les deux pays, le Niger a, ces dernières années, redirigé une part de ses flux vers d’autres ports de la région, comme ceux de Lomé, Cotonou ou Tema. Cette évolution s’explique en partie par l’absence d’infrastructures adaptées au Nigeria et par les défis sécuritaires persistants dans le nord du pays. Le développement du corridor Kano-Maradi pourrait ainsi marquer un tournant stratégique pour les deux nations.





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