Un ex-ministre des Finances du Mozambique, lié à un énorme scandale financier international qui avait plongé son pays dans la tourmente, a été jugé coupable jeudi par la justice américaine de complicité dans cette affaire de fraude massive et de blanchiment
Fraude financière et blanchiment
Manuel Chang, 48 ans, détenu en Afrique du Sud de 2018 à 2023 à la demande des autorités américaines, avait été extradé vers les Etats-Unis en juillet 2023 et a été jugé durant quatre semaines devant le tribunal fédéral de Brooklyn, à New York.
Il encourt jusqu’à 20 ans de prison, selon un communiqué du ministère américain de la Justice.
Il a été reconnu coupable de « complot en matière de fraude financière et blanchiment, des infractions liées à son rôle dans une affaire de fraude et pots-de-vin de deux milliards de dollars au détriment d’investisseurs aux Etats-Unis et ailleurs ».
“Dette cachée”
« Le verdict d’aujourd’hui est une victoire exemplaire pour la justice et le peuple du Mozambique trompé par l’accusé, un responsable gouvernemental corrompu dont l’appât du gain et l’égoïsme ont asséché l’un des pays les plus pauvres du monde », a tonné le procureur fédéral de Brooklyn, Breon Peace.
Manuel Chang était dans le collimateur des Etats-Unis en raison de son implication dans l’affaire dite de la « dette cachée » au Mozambique, dans laquelle il s’est servi du système financier américain pour détourner des fonds.
L’Afrique du Sud et la police fédérale américaine (FBI) avaient collaboré entre 2022 et 2023, contre le gouvernement du Mozambique, afin d’extrader M. Chang vers les Etats-Unis.
Le scandale de la « dette cachée » a éclaté en 2016 après que des entreprises publiques du Mozambique, pays pauvre d’Afrique australe, ont emprunté illégalement deux milliards de dollars en 2013 et 2014 – alors que M. Chang était ministre des Finances – auprès de banques internationales pour acheter une flotte de bateaux de pêche au thon et des navires de surveillance.
M. Chang avait signé ces prêts et le gouvernement avait caché la dette au Parlement. Après sa révélation en 2016, des bailleurs du Mozambique, dont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, avaient suspendu leur soutien financier.
Cela avait déclenché un défaut de paiement de la dette souveraine du pays et un effondrement de sa monnaie, entraînant la pire crise économique depuis son indépendance du Portugal en 1975.
Un audit indépendant a révélé que 500 millions de dollars de prêts avaient été détournés et n’ont jamais été retrouvés.
Avec AFP





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