L’agence de notation financière S&P Global Ratings (Standard & Poor’s) a rétrogradé lundi 14 juillet, la note souveraine en devises et en monnaie locale du Sénégal de «B» à «B-.» Dans la grille de l’agence, cela signifie une « faible capacité de l’emprunteur à faire face à ses obligations.» Ce déclassement est assorti de perspectives négatives, ce qui fait planer le spectre d’une nouvelle dégradation si la situation budgétaire du pays ne s’améliore pas dans les prochains six mois
Standard & Poor’s justifie sa décision par la détérioration de la situation budgétaire du Sénégal en face de la montée des besoins de financement.
Les perspectives négatives reflètent l’évaluation des analystes de l’agence de notation selon laquelle les indicateurs révisés de la dette publique, associés à des besoins de financement bien plus élevés en 2025 par rapport aux prévisions initiales et aux échéances du service de la dette pour 2026, accroissant la pression financière sur le Trésor. En effet, une nouvelle série de documents présentés dans la loi de finances rectificative 2025 indique une détérioration significative de la situation budgétaire du pays, relève Standard & Poor’s. «La réévaluation significative du montant de la dette ne laisse au Sénégal aucune marge de manœuvre pour se protéger contre tout choc économique ou financier potentiel à l’avenir,» alerte l’agence de notation. Elle estime que la dette publique restera élevée, à 110 % du PIB d’ici fin 2028, soit plus de 10 points de pourcentage de plus que les prévisions de mai 2025. Ce chiffre pourrait augmenter si les mesures prévues pour réduire le déficit budgétaire, ne se concrétisent pas.
Sur la base de chiffres pré-audités, S&P Global Ratings estime que le service de la dette du Sénégal (intérêts et principal) culminera à 4.922 milliards de francs CFA (8,8 milliards de dollars US) en 2026, soit bien plus que les 3.300 milliards de francs projetés pour cette année. Un peu plus de 50 % du chiffre de 2026 est constitué de dettes extérieures.
Parmi les autres risques, Standard & Poor’s relève la cristallisation des passifs éventuels des entreprises publiques déficitaires au bilan de l’Etat et la nécessité de rembourser les arriérés des administrations envers le secteur privé qui représentent 2% du PIB. En apurant ces ardoises, Dakar espère préserver la dynamique de la croissance en 2025 et à moyen terme.
Le déficit budgétaire projeté par l’agence de notation financière s’élève à 9 % du PIB pour cette année, contre 7,8 % prévus par le gouvernement sénégalais.
Une éclaircie dans ce tableau clinique inquiétant est à chercher dans les bonnes perspectives de croissance du pays.
Avec le démarrage de la production de pétrole et de gaz naturel sur le site de Sangomar en 2024 et sur le champ Greater Tortue Ahmeyim cette année, ainsi que la hausse de la production d’or, la croissance économique réelle se situerait à environ 8 % en 2025, la meilleure performance de tous les Etats notés « B- », soulignent les analystes de Standard & Poor’s.





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