Le secteur bancaire togolais affiche une santé financière remarquable, comme en témoignent les récentes données de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
Les établissements de crédit au Togo ont non seulement respecté, mais largement dépassé, le seuil de réserves obligatoires imposé par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Cette situation, loin d’être anecdotique, reflète une tendance de fond qui interroge sur la gestion de ces excédents.
Un excédent de réserves record
Selon les chiffres publiés pour la période de juillet à août 2025, les banques togolaises ont accumulé un total de 157,6 milliards de FCFA de réserves, alors que le montant minimal exigé était de 71,5 milliards de FCFA. L’excédent atteint ainsi 86,1 milliards de FCFA, un niveau inédit qui se traduit par un taux de couverture exceptionnel de 220%.
Cet écart significatif entre les réserves constituées et les exigences réglementaires n’est pas un phénomène nouveau. C’est le résultat d’une politique de gestion prudente de la liquidité qui s’est accentuée au lendemain de la crise sanitaire de la Covid-19. Pour illustrer cette trajectoire ascendante, l’excédent de réserves, qui n’était que de 2,3 milliards de FCFA en novembre 2023, a connu une croissance soutenue tout au long de l’année 2024 pour dépasser les 80 milliards de FCFA au second semestre 2025.
Une résilience face aux chocs économiques
Cette accumulation massive de réserves obligatoires est souvent perçue comme un indicateur de la solidité et de la résilience du système bancaire togolais. En détenant un niveau de fonds bien supérieur à ce qui est requis, les banques se dotent d’un coussin de sécurité qui leur permet d’absorber d’éventuels chocs économiques ou financiers, tout en garantissant la stabilité du système. Cette prudence est en parfaite adéquation avec la politique prudentielle de la BCEAO, qui vise à assurer la pérennité du secteur.
Le Togo se démarque d’ailleurs favorablement au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) par ce taux de couverture élevé. Avec un ratio de 220%, le pays se positionne parmi les plus rigoureux de la zone. En comparaison, le Sénégal affiche un ratio encore plus impressionnant de 315%, un chiffre qui s’explique par la taille et la complexité de son économie et de son marché bancaire. À l’opposé, le Niger se situe tout juste au-dessus du seuil réglementaire avec une couverture de 115%, soulignant des approches de gestion de la liquidité différentes d’un pays à l’autre.
Le paradoxe des liquidités inutilisées : un frein pour le financement des PME ?
Si cet excédent de réserves est un gage de sécurité, il soulève également une question cruciale : l’utilisation de ces liquidités. Une partie de ces fonds, en excès par rapport aux obligations de la BCEAO, pourrait potentiellement être réorientée vers le financement de l’économie réelle. C’est particulièrement vrai pour les PME, qui constituent l’épine dorsale de l’économie togolaise mais qui continuent de faire face à des difficultés d’accès au crédit.
C’est dire que la mobilisation de ces ressources pour stimuler le financement des PME et des jeunes entrepreneurs demeure un enjeu majeur pour le développement économique du pays. Cela pourrait encourager une croissance plus inclusive et diversifiée, en réduisant la dépendance du secteur privé aux financements externes ou aux programmes publics. La question est de savoir comment inciter les banques à transformer cette prudence en opportunité de croissance pour l’ensemble du tissu économique.
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