Accra aurait perdu la bagatelle de 11 milliards de dollars au cours des cinq dernières années à cause d’une contrebande «industrielle» de l’or provenant de l’exploitation artisanale dont une grande partie est acheminée vers les Emirats arabes unis, connue pour être une plaque tournante du blanchiment d’argent, accuse l’ONG helvétique Swissaid dans un rapport publié mardi 11 juin. Les auteurs du rapport révèlent un incroyable gap de 229 tonnes entre les exportations d’or du Ghana et les importations correspondantes sur seulement cinq ans, la majeure partie de l’or de contrebande finissant à Dubaï. Cela représente 11,4 milliards de dollars de pertes financières
«Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg,» analyse Ulf Laessing, responsable du programme Sahel à la Fondation Konrad Adenauer qui soupçonne les groupes terroristes de se financer par les mines artisanales. « L’or transporté à la main n’a pas besoin d’être déclaré à Dubaï… l’or informel est principalement importé par avion,» mettant en évidence d’autres moyens opaques par lesquels l’or africain est introduit en contrebande aux Emirats arabes unis.
Le circuit emprunté par les contrebandiers
Swissaid indique que l’or du Ghana est en grande partie introduit en contrebande au Togo avant de finir à Dubaï, tandis que certains lingots transitent par le Burkina Faso pour se rendre au Mali, en utilisant des frontières poreuses. Un haut responsable de la Commission de réglementation des minéraux du Ghana a décrit les conclusions de Swissaid comme «un fait notoire.»
Le rapport note comment l’institution d’une retenue à la source de 3 % sur les exportations d’or artisanal en 2019 s’est retournée de manière spectaculaire contre l’Etat ghanéen, les exportations déclarées s’étant effondrées tandis que la contrebande, elle, explose. La réduction de cette taxe à 1,5 % en 2022 par le gouvernement a partiellement inversé la tendance, les exportations formelles rebondissant. En mars dernier, le ministre des Finances a fini par supprimer ce prélèvement tirant les leçons de son échec. D’ailleurs, la même année, une partie des flux informels des exportations du métal jaune ont réintégré les circuits officiels.
Selon le rapport de Swissaid, environ 34 tonnes de la production d’or du pays en 2023 n’étaient pas déclarées, soit environ la même quantité enregistrée que la production artisanale la même année !
Le Ghana n’est pas le seul pays africain touché par le fléau de la contrebande de l’or. En effet, tous les pays producteurs du métal jaune sur le continent déclarent des exportations inférieures à ce que déclarent les traders internationaux.
Selon un rapport de l’ONU publié en mai dernier, l’exploitation minière informelle fournit des moyens de subsistance à plus de 10 millions de personnes en Afrique subsaharienne, mais elle sert de plus en plus de canal de financement au crime organisé et aux groupes terroristes.





Ghana



![Édito | La corruption une maladie du transport aérien [Par Jean-Louis Baroux] J’ai relevé quelques exemples parmi les faits jugés et publiés, qui d’ailleurs ne correspondent qu’à une toute petite minorité des délits de corruption dont la plupart resteront impunis. Voilà le cas de l’ancien président de Sri Lankan Airlines, Kapila Chandrasena, condamné à la prison pour avoir sollicité de la part du constructeur 16 millions de dollars en échange de l’achat de 6 A330 et de 4 A350 dont la valeur totale est de 2,5 milliards de dollars. Il n’a finalement reçu que 1,45 millions de dollars et il s’est fait pincer.](https://afrimag.net/wp-content/smush-webp/2026/04/Avion-450x232.jpg.webp)

