Le gouvernement congolais prévoit un retour sur le marché de la dette par sa première émission d’obligations de 750 millions de dollars en avril prochain, des ressources destinées au financement de projets d’infrastructures, annonce le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde.
Cette opération constitue la première tranche d’un programme plus vaste qui prévoit jusqu’à 1,5 milliard de dollars sur l’ensemble de l’année 2026. Le gouvernement entend ainsi étaler son recours aux marchés afin de limiter les risques financiers.
Porté par la hausse des cours mondiaux des métaux, notamment le cuivre et l’or, et par une accélération de la croissance, Kinshasa espère attirer les investisseurs. Le pays met en avant une inflation contenue autour de 2 %, ainsi qu’un faible ratio dette/PIB, parmi les plus bas du continent. L’encours de la dette publique était estimé à environ 13,17 milliards de dollars fin 2024, soit près de 18,5 % du PIB, un niveau nettement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, qui s’établit à 59 %. La RD-Congo entend par ailleurs améliorer sa perception auprès des marchés, longtemps plombée par l’instabilité et les problèmes de sécurité à l’est du pays.
Pour la première émission de 750 millions de dollars, le gouvernement congolais se fera conseiller par Citigroup, avec l’appui de Rawbank, ainsi que des cabinets Rothschild & Co. et White & Case LLP. Selon un analyste des marchés émergents, l’appétit des investisseurs devrait être réel, mais les rendements pourraient se situer à des niveaux élevés, compte tenu des risques politiques et sécuritaires. À titre de comparaison, la République du Congo voisine avait dû offrir un rendement de 13,7 % lors d’une émission l’an dernier, selon les informations de Bloomberg.
La RDC est notée B3 par Moody’s, au même niveau que le Nigeria ou l’Angola.
Le Fonds monétaire international anticipe une croissance moyenne de 5,4 % par an jusqu’en 2030, avec une inflation proche de la cible de la Banque centrale. Les réserves de change, estimées à plus de 7,4 milliards de dollars, représentent environ trois mois d’importations, soit le seuil minimum fixé par le FMI.





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