Le gouvernement congolais vient d’adopter un projet de loi portant organisation et fonctionnement des marchés boursiers, a annoncé le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi. L’objectif est de créer une Bourse de valeurs mobilières à Kinshasa, un vieux serpent de mer envisagé déjà sous Mobutu. Le siège de la Bourse sera abrité au Centre d’affaires situé au bord du fleuve Congo
Le projet du gouvernement prévoit la mise en place de tout un écosystème d’institutions pour structurer les marchés financiers. Il s’agit entre autres d’une autorité de régulation qui aura la mission de superviser les opérations de marché, veiller au respect des règles d’émission et de cotation, approuver les admissions à la cote, protéger les investisseurs et encadrer les professionnels du secteur. Il est prévu également la création d’une banque de règlement pour sécuriser les transferts de fonds entre acheteurs et vendeurs, ainsi qu’un dépositaire central pour gérer la conservation des titres financiers. Des entreprises de marché et des organismes de placement collectif sont aussi envisagés pour dynamiser la participation des investisseurs.
Bourse de valeur : atouts pour l’Etat, les entreprises et les ménages
Kinshasa souhaite utiliser la bourse comme un levier pour mobiliser l’épargne au service du financement de l’économie. Selon le ministre des Finances, le projet de loi vise à «doter le pays d’un cadre légal pouvant permettre la mobilisation des capitaux pour le financement à long terme de l’économie nationale.» Pour le ministre, ce marché représente une opportunité pour les entreprises congolaises de lever le financement à long terme pour leur développement, et aux ménages, de fructifier leur épargne. L’ouverture de la bourse pourrait également renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.
Il ne suffit pas d’instituer une Bourse pour que les ménages s’y précipitent. La réussite de ce projet dépendra de plusieurs facteurs, notamment la sécurité juridique de petits épargnants, la propension des entreprises à aller à la cote- ce qui n’est pas acquis- et plus globalement, l’amélioration de l’environnement des affaires et du risque pays. L’énorme poids du secteur informel pourrait aussi limiter le nombre d’entreprises éligibles à une introduction en bourse. Les sociétés minières apparaissent comme les premiers candidats «naturels» pour aller en Bourse.
L’Etat devra par ailleurs veiller à la stabilité institutionnelle, renforcer la culture boursière des populations et entreprises, et assurer la formation de professionnels du marché. Un démarrage avec des entreprises solides pourrait servir de tremplin pour crédibiliser le projet, à l’image de l’approche adoptée ailleurs, notamment la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale, qui n’est pas du tout un modèle d’un marché dynamique.





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