Sans surprise, l’agence S&P Global Ratings (Standard & Poor’s) a confirmé vendredi 25 avril la note souveraine à long et court terme «BBB-/A-3» de la République de Maurice, en devises locales et étrangères, assortie de perspectives stables
L’île Maurice est en effet l’un des pays les plus riches d’Afrique, avec un PIB par habitant d’environ 13.000 dollars et des institutions relativement solides, constatent d’emblée les analystes de Standard & Poor’s. Ils prévoient que l’activité économique restera relativement robuste, grâce au tourisme, à un secteur des affaires compétitif et à la poursuite des projets d’investissement public. Malgré un rapport d’audit qui a révélé une dette publique plus élevée que prévu, Standard & Poor’s s’attend à ce que le gouvernement poursuive la mise en œuvre de réformes favorables aux entreprises et mette l’accent sur l’assainissement budgétaire.
Nous prévoyons un ralentissement de la croissance du PIB réel, tout en maintenant un niveau moyen de 4 % sur la période 2025-2028. De plus, la croissance tendancielle du PIB réel par habitant de l’île Maurice est supérieure à celle des États souverains de la même catégorie de PIB par habitant. La reprise continue du tourisme, l’expansion du secteur des entreprises mondiales et les projets d’investissement publics et privés soutiendront la performance.
Selon S&P Global Ratings, le tourisme, l’autre point fort de l’économie mauricienne, continuera de connaître une performance solide, ce qui devrait stimuler le commerce de gros et de détail, les transports et la construction. Cependant, les importantes incertitudes liées à la géopolitique et aux droits de douane américains constituent des risques réels. Avant le report de 90 jours annoncé par l’administration américaine, l’île Maurice était frappée de droits de douane de 40 %, les plus élevés de la région après le Lesotho et Madagascar. Si ces taxes sont appliquées, elles pourraient gravement affecter des secteurs comme la pêche et l’industrie textile, déjà en difficulté.
La Place financière Maurice est nettement plus grande que ses concurrents en Afrique
Au cours des 20 dernières années, l’île Maurice s’est affirmée comme un centre financier offshore mondial de premier plan, et le développement du secteur financier devrait se poursuivre. La Place financière Maurice est nettement plus grande que ses concurrents en Afrique et se rapproche de la taille des centres financiers offshore mondiaux les plus avancés. Le pays est par ailleurs connu pour être un pôle régional stable pour les multinationales, grâce à un régime fiscal très attractif que les experts assimilent à un «paradis fiscal.» Selon le FMI, la contribution économique directe du secteur financier s’élève à environ 8 % du PIB.
La stratégie économique à long terme du gouvernement vise notamment à faire de Maurice un pôle d’investissement incontournable en Afrique. Maurice continue de renforcer ses liens avec l’Inde, l’Afrique du Sud et le Kenya. Au cours des cinq dernières années, Maurice a signé des accords commerciaux avec l’Inde, la Chine et plusieurs pays africains.
D’importantes incertitudes pèsent néanmoins sur la dynamique de l’économie, notamment liées aux droits de douane américains et à leur impact potentiel. Avant la décision de l’administration américaine de reporter leur mise en œuvre, l’île Maurice était frappée d’un droit de douane de 40 %, l’un des plus élevés de la région, et les effets secondaires des tensions tarifaires mondiales pourraient également peser sur l’économie du pays. L’état des finances publiques, révélé par le récent audit, s’est détérioré, limitant la capacité du pays à absorber les chocs. L’île Maurice est également vulnérable aux événements liés au climat





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