UNESCO, L’Afrique à l'honneur
À Rabat, lors de l’Africa Investment Forum : Market Days 2025, du 26 au 28 novembre, organisé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et ses partenaires de l’événement, un message a circulé avec insistance parmi les investisseurs, les délégations souveraines et les dirigeants de banques multilatérales : l’Afrique ne manque pas d’opportunités, elle manque d’intermédiation de haut niveau. Et au cœur de cette intermédiation, un nom revenait dans les conversations : Algest Investment Bank. Avec deux décennies de missions sensibles, un savoir-faire rare dans la structuration de projets souverains et un président devenu l’un des visages internationaux de la Priorité Afrique de l’UNESCO, la banque d’affaires dirigée par Ibrahim Magassa a détaillé sa méthode pour mobiliser des financements massifs et crédibiliser les économies africaines face aux investisseurs institutionnels.
Le soleil de novembre tombait sur Rabat, la capitale du Royaume chérifien, lorsque les 2 000 délégués, représentant des bailleurs de fonds privés, des banques d’investissement et commerciales internationales, des institutions financières multilatérales de développement, des entrepreneurs et des représentants gouvernementaux, sont entrés dans le centre de conférences de Sofitel Rabat Jardin Des Roses. Les leaders de fonds souverains, de banques internationales, de gouvernements africains et d’institutions multilatérales étaient venus affronter un chiffre colossal : 170 milliards de dollars US par an, soit le déficit continental en infrastructures essentielles. Derrière ce montant, une réalité durement ressentie : quatre Africains sur dix vivent encore sans électricité, près de 300 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, et la densité routière du continent reste quatre à cinq fois inférieure à celle de l’Asie.
C’est dans ce décor peu reluisant, mais porteur d’espoir, qu’Algest Investment Bank a ouvert l’un des premiers moments forts du Forum. Sous forme de Fireside Chat, la banque d’affaires a été invitée à partager sa vision, son expérience et ses méthodes de mobilisation financière. Une invitation qui n’avait rien d’un geste protocolaire : depuis Accra jusqu’à Libreville, d’Abidjan à Brazzaville, Algest fait partie des très rares institutions financières africaines capables de restructurer des dizaines de milliards de dollars, de modéliser des projets complexes et de rassurer des investisseurs internationaux souvent frileux.
Lorsqu’Ibrahim Magassa s’avance sur scène, la salle est attentive. Son parcours et son expertise lui valent une écoute naturelle. Et ses premiers mots installent immédiatement le ton du débat : «le problème de l’Afrique n’est pas le manque d’argent. Le problème, c’est l’absence de projets assez solides, assez clairs et assez bien structurés pour convaincre les investisseurs globaux.»
Algest Investment Bank : 22 ans dans les coulisses financières des États africains
Pour comprendre pourquoi la présence d’Algest a pesé autant à Rabat, il suffit de remonter dans le temps.
Depuis vingt-deux ans, la banque d’affaires intervient là où les opérations sont complexes, politiquement sensibles ou techniquement délicates. Elle a restructuré 14,5 milliards de dollars US de dette au Ghana, mobilisé 2,3 milliards au Gabon, accompagné plus de 7 milliards d’opérations stratégiques au Congo-B et orchestré de nombreuses interventions en Afrique centrale. En Côte d’Ivoire, la structuration et la modélisation financière du pont Henri-Konan-Bédié restent un cas d’école : alors que les prévisions initiales sous-évaluaient le trafic, les études rigoureuses menées par Algest ont démontré un potentiel six fois supérieur. Les années suivantes ont donné raison à l’équipe : le trafic réel a dépassé les hypothèses les plus optimistes. Dans les administrations souveraines, Algest intervient souvent comme un partenaire discret, méthodique, parfois même comme un rempart contre les approximations ou les pressions du court terme. Collaborateurs ministériels, bailleurs, directions du Trésor, fonds internationaux : tous évoquent une institution capable de parler le langage de chacun tout en imposant une exigence technique rare.
«Notre rôle est simple, résume Magassa. Transformer une volonté politique en un projet financièrement crédible. Nous faisons le pont entre l’État et l’investisseur. Et ce pont doit être extrêmement bien construit.»
De nombreux observateurs internationaux imaginent encore que la mobilisation de capitaux en Afrique dépend essentiellement de la communication ou de la bonne volonté des bailleurs internationaux. Pour Algest, la réalité est beaucoup plus technique.
À quoi ressemble un projet réellement bancable ? Les méthodes d’Algest
Un projet devient bancable lorsqu’il repose sur des études précises, des modèles économiques solides, un cadre réglementaire prévisible et des garanties clairement définies. La plupart des projets qui échouent, explique Magassa, ne manquent pas d’ambition, mais de préparation.

Dans les bureaux de travail d’Abidjan, de Paris ou de Brazzaville, les équipes d’Algest passent des semaines à décortiquer les données, simuler différents scénarios, structurer des plans de financement et rédiger des documents destinés aux plus grands investisseurs mondiaux. Chaque ligne de risque doit être anticipée, chaque variable calculée, chaque hypothèse justifiée. «On ne convainc pas un fonds de pension avec de l’enthousiasme, confie Magassa. On le convainc avec des chiffres, des modèles éprouvés et un risque maîtrisé. Notre travail consiste à rendre l’Afrique lisible. Lorsque l’information est claire, les investisseurs n’ont plus peur.»
Ce travail patient explique en grande partie le succès de la banque. Là où certains acteurs attendent que les projets soient prêts, Algest intervient en amont, parfois dès l’idée initiale, et accompagne les États jusqu’à la clôture financière. Une intégration complète que très peu d’acteurs africains maîtrisent.
La clé : aligner banques d’affaires, fonds souverains et États
L’un des messages les plus marquants du Fireside Chat a concerné la nécessité d’un alignement stratégique entre trois piliers : les banques d’affaires, les fonds souverains et les États.
Selon Magassa, aucun projet africain ne peut attirer massivement le capital international sans cette architecture commune. Les banques d’affaires doivent structurer les projets et standardiser les modèles. Les fonds souverains doivent apporter une couche de stabilité en participant au cofinancement initial, ce qui réduit le risque global. Les États, de leur côté, doivent garantir la stabilité réglementaire, fournir des données fiables et afficher une continuité institutionnelle indispensable à la confiance.
«Nous avons besoin d’une chaîne qui ne casse pas,» insiste Magassa. «Si les banques structurent, si les fonds souverains cofinancent et si les États s’engagent, alors le capital mondial n’a plus aucune raison d’hésiter.»
Cette vision, loin d’être théorique, s’est confirmée lors de la cérémonie de clôture du Forum: quinze milliards de dollars d’intentions de financement ont été annoncés. Preuve qu’un dialogue technique bien mené peut réellement se traduire en engagements concrets.
Faire évoluer le regard du monde sur l’Afrique
Derrière ses opérations techniques, Algest mène un combat plus profond : celui de la perception internationale.
Les investisseurs, surtout institutionnels, ont longtemps considéré l’Afrique comme une zone risquée, volatile et peu prévisible. Pour transformer cette image, Algest travaille comme un artisan du détail. Chaque note méthodologique, chaque présentation de risque, chaque modèle financier contribue à stabiliser la perception du continent.
Ce travail patient, minutieux, rigoureux, se prolonge dans les couloirs du Forum. On y voit Magassa discuter autant avec des directeurs de fonds norvégiens qu’avec des ministres africains ou des responsables du FMI. À chaque échange, la même logique revient : clarifier, démontrer, rassurer.
Ibrahim Magassa : de banquier d’affaires à Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO
La nomination d’Ibrahim Magassa comme Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO pour la Priorité Afrique a donné une nouvelle dimension à son rôle. C’est la première fois qu’un banquier africain reçoit une telle distinction. Une reconnaissance rare, qui met en valeur sa capacité à articuler les enjeux du financement, de l’éducation, de l’innovation et du capital humain.

«Investir dans les infrastructures, c’est aussi investir dans les compétences, dans les jeunes, dans la capacité des pays à absorber les technologies et à les transformer,» explique-t-il. Pour lui, la cohérence entre infrastructures, éducation et gouvernance est le véritable moteur du développement africain. Cette nomination réaffirme également une conviction profonde : l’Afrique ne pourra pas se développer sans institutions solides, sans jeunes qualifiés et sans vision stratégique à long terme.
Vers une décennie décisive pour le financement du développement africain
L’avenir du financement africain se joue en grande partie dans les prochaines années. Les besoins sont immenses mais le capital existe, disponible et abondant. La question centrale est donc de savoir qui réussira à traduire les ambitions en projets solides, à orchestrer les acteurs et à créer les conditions de la confiance.
Dans ce paysage, Algest Investment Bank occupe une place singulière. Elle fait partie des rares institutions capables d’accompagner un État dans la durée, de restructurer une dette souveraine, de modéliser une infrastructure majeure, de convaincre un fonds de pension international et de mobiliser les fonds domestiques.
À Rabat, Magassa a conclu son intervention par une phrase que beaucoup ont notée : «L’Afrique n’a pas besoin d’aide. Elle a besoin de financements intelligents, de projets solides et de partenaires qui croient en elle. »
Une formule simple, mais qui résume parfaitement l’ambition d’Algest : faire de l’investissement en Afrique une évidence, non une exception.











