L’agence de notation Fitch Ratings relève dans une note d’analyse publiée hier, qu’il demeurait risqué pour les investisseurs internationaux de prêter de l’argent à la Zambie en dépit du récent accord en vue d’une restructuration de la dette bilatérale du pays. C’est le revers de la médaille de ce type d’opérations qui, en dépit des apparences, entachent la réputation du débiteur sur le marché.
«Un traitement de la dette auprès de créanciers privés demeure indispensable pour que la Zambie puisse sortir de sa situation actuelle de défaut de paiement. Il est nécessaire que cet aménagement de la dette soit effectué à des conditions au moins aussi favorables que celles convenues avec les créanciers officiels », expliquent les analystes de l’agence Fitch Ratings dans une note parue hier 28 juin.
Mener à bien cette mission semble quasiment impossible sans accorder d’importantes concessions. Aucun accord officiel de restructuration n’a encore été signé, précise Fitch Ratings, «mais les déclarations de divers responsables suggèrent que l’accord pourrait prolonger les échéances de la dette jusqu’en 2043, impliquant une extension moyenne de plus de douze ans, plutôt que d’entraîner un quelconque abandon partiel de la dette ».
Par ailleurs, Fitch Ratings révèle que l’accord devrait inclure une période de grâce de trois ans sur les remboursements du principal de près de 6,3 milliards de dollars et abaisser les taux d’intérêt à des niveaux très préférentiels (1 % jusqu’en 2037). Les taux devraient augmenter jusqu’à un maximum de 2,5 % à partir de 2037.
Il est également probable que les remboursements du principal reprennent en 2026, et soient limités à environ 30 millions de dollars par an, jusqu’en 2035. Les termes de l’accord final s’annoncent d’ores et déjà très complexes.
Malgré ce qui semble être de larges concessions, la valeur présente des remboursements futurs ne représente qu’une baisse de seulement 40 % par rapport à la valeur actuelle de cette dette, alors que la Zambie visait un objectif de près de 50 %. Il faudra aussi clarifier la question de la dette envers la Chine.
La perspective d’un accord entre la Zambie et ses créanciers s’est accompagnée d’une revalorisation du kwacha, la monnaie zambienne.
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