Après des années de tutelle financière, le Ghana rêve d’un futur sans le Fonds Monétaire International (FMI). En effet, sur le chemin de sa souveraineté, le pays de Kwame N’Krumah, l’un des pères des indépendances africaines, entend transformer la fin de son programme actuel en un divorce définitif avec les aides d’urgence de cette institution de Bretton Woods et ce, à travers la mise en place d’un conseil fiscal indépendant pour renforcer la discipline budgétaire et garantir la viabilité des finances publiques du pays
Entre rigueur budgétaire et réformes institutionnelles, le Ghana mise sur la «dignité économique» pour ne plus avoir à tendre la main. Historiquement considéré comme l’un des élèves les plus assidus, mais aussi les plus récurrents, des programmes d’ajustement structurel, le pays d’Afrique de l’Ouest s’apprête à franchir une étape cruciale. Lors de ses récentes interventions, le Président John Dramani Mahama a réaffirmé une vision claire : le Ghana doit quitter le giron du FMI «avec dignité,» non plus comme un demandeur en crise, mais comme un partenaire confiant et autonome.
Un calendrier de sortie déjà tracé
Le programme actuel de Facilité Élargie de Crédit (FEC), d’un montant de 3 milliards de dollars US, devrait officiellement s’achever d’ici mai 2026. Si les décaissements successifs ont permis de stabiliser une économie autrefois étouffée par une inflation galopante et une monnaie en chute libre, le gouvernement ghanéen refuse désormais l’idée d’un éternel recommencement. Pour garantir que cette sortie ne soit pas qu’une simple parenthèse avant une18e intervention du Fonds, Accra mise sur la création d’un Conseil fiscal Indépendant. Cette institution locale aura pour mission de remplacer la surveillance de l’institution de Bretton Woods, en veillant au respect strict de la discipline budgétaire par les autorités nationales.
La discipline intérieure comme bouclier
Le défi est de taille. Pour s’affranchir durablement des emprunts extérieurs, le Ghana doit naviguer dans un couloir étroit. Actuellement, près de 70 % des revenus de l’État sont encore absorbés par la masse salariale de la fonction publique et le service de la dette. Cependant, les voyants repassent au vert avec une croissance tangible due à une progression du PIB attendue à 4,8 % pour 2026. Ensuite, il faut noter la maîtrise de l’inflation avec un retour progressif vers une cible à environ 8 % sans négliger les réserves de change reconstituées grâce à la performance des exportations d’or et de cacao.
Transformer la crise en opportunité institutionnelle
L’objectif affiché par le ministère des Finances est de faire du Ghana un «cas d’école» en Afrique. L’idée est de prouver qu’une crise de la dette peut servir de catalyseur à une refondation profonde. En stabilisant le cedi et en regagnant la confiance des investisseurs internationaux sans la béquille permanente du FMI, le pays espère attirer des Investissements directs étrangers (IDE) plus productifs et moins volatils.
La route reste cependant semée d’embûches, notamment face aux incertitudes climatiques touchant la production de cacao et aux fluctuations des marchés mondiaux. Mais pour Accra, le prix de l’indépendance vaut bien quelques sacrifices de rigueur.


![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)


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