Dans une note de synthèse publiée le vendredi 13 mars dans la soirée, l’agence S&P Global Ratings (Standard & Poor’s) a relevé la perspective du rating de la Guinée de stable à positive. Parallèlement, le major mondial de la notation financière a confirmé les notations de crédit souverain à long terme et à court terme du Trésor guinéen à « B+/B »

Dans sa première réaction, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, y a vu «un signe de confiance de la communauté financière dans les réformes engagées par le chef de l’Etat, le Général Mamadi Doumbouya». Beaucoup moins pompeux, les analystes de Standard & Poor’s disent à peu près la même chose : «la perspective positive reflète la forte augmentation des réserves de change de la Guinée, qui constituent des amortisseurs supplémentaires dans un contexte macroéconomique volatil, la hausse des recettes non minières, la dynamique positive des réformes et les solides perspectives de croissance économique».
Selon un scénario favorable, l’agence de notation américaine assure qu’elle pourrait relever la notation de la Guinée si les déséquilibres extérieurs du pays se réduisaient plus rapidement que prévu, si la dynamique actuelle des réformes se poursuit, et si le boom actuel du secteur minier profite au reste de l’économie.
Un tableau macro-économique en amélioration
Les réserves de change de la Guinée ont progressé en 2025, pour s’établir à plus de 4,1 milliards de dollars US contre 1,5 milliard l’année précédente. Dans ses prévisions, Standard & Poor’s tablait sur 2,2 milliards de dollars US. Cette consolidation des avoirs extérieurs résulte de la bonne performance du secteur minier et de la hausse des flux d’investissements directs étrangers (IDE) liés au projet Simandou. Par ailleurs, selon le major de la notation financière, les perspectives de croissance de la Guinée sont favorables, portées par une production minière accrue, le développement rapide des capacités de raffinage et la réalisation de projets d’infrastructure.
Dans le même temps, les recettes budgétaires augmentent rapidement (46 % en 2025), grâce aux réformes fiscales et à la hausse des recettes minières. La récente révision du mode de calcul du PIB a renforcé le cadre statistique et amélioré la transparence des indicateurs macroéconomiques. Enfin, l’achèvement des principales étapes politiques, notamment l’adoption de la nouvelle constitution et l’élection présidentielle, devrait consolider la dynamique des réformes observée ces dernières années.
Dans ce tableau clinique de l’économie guinéenne, Standard & Poor’s relève plusieurs points faibles. Au faible niveau de développement avec un PIB par habitant de 2.800 dollars US en 2026, il faut ajouter le déficit d’infrastructures, l’immensité des besoins sociaux et la vulnérabilité aux chocs des termes de l’échange au regard de la dépendance du pays aux exportations minières, qui représentent environ 90 % de ses recettes en devises. La hausse prolongée des cours du baril du pétrole pourrait alourdir la facture des importations tandis que les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la hausse des coûts de transport risquent d’emballer l’inflation. Ce qui pourrait inciter le gouvernement à déployer des mesures de soutien exceptionnelles, et exercer une pression sur le budget.
Standard & Poor’s est optimiste sur la trajectoire des réformes et leur impact sur le dynamisme de l’économie : La croissance du PIB réel moyenne sera de 9,75 % sur la période 2026-2029, soutenue principalement par l’expansion rapide de la production minière et d’importants projets d’infrastructure.





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