Le colonel Doumbouya imprime sa marque
Une phase décisive dans la construction de la nouvelle Guinée. Un passage presque obligatoire pour passer au crible les dissemblances et de plancher sur les sujets déterminants pour l’avenir du pays. Parce que le jeu en vaut la chandelle, le Colonel Mamady Doumbouya a donné des instructions au Premier ministre et à son gouvernement d’organiser les Assises nationales afin de taire les divergences. Compte rendu.
De l’indépendance de la Guinée, le 2 octobre 1958 à l’avènement du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) le 5 septembre 2021, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts ainsi l’occasion est donnée aux Guinéens de se parler en organisant les Assises nationales. Cette démarche a été engagée le 22 mars 2022, pilotée par 31 membres choisis dans toutes les couches sociales de Guinée. Malgré la divergence de points de vue sur la participation de certaines formations politiques qui ont exigé des préalables, les Assises se sont déroulées dans de très bonnes conditions et ont connu un franc succès permettant ainsi aux Guinéens de s’exprimer sans retenue. Ces consultations foraines et urbaines ont permis de baliser le chemin pour la tenue du dialogue politique inclusif inter-guinéen. Ainsi pour impulser le dynamisme dans cette démarche, le Premier ministre Dr. Bernard Goumou a annoncé à travers deux arrêtés le 30 septembre 2022 la mise en place du cadre de dialogue et la nomination de trois facilitatrices nationales du dialogue politique inclusif conformément au décret portant création du cadre de dialogue inclusif en Guinée.
Dr. Makalé Traoré, Hadja Aicha Bah et Joséphine Leno, trois anciennes ministres, les facilitatrices, ont été choisies sur la base de trois critères qui les distinguent : moralité, neutralité et expertise dans leur domaine.
Le Premier ministre Dr. Bernard Goumou a eu sa première réunion technique le 5 octobre 2022 avec les facilitatrices pour définir la méthodologie de travail du dialogue politique inclusif inter-guinéen. Les facilitatrices ont exprimé leur engagement à servir la cause du dialogue et de la paix. Dans cet esprit, Dr. Makalé Traoré a fait savoir de s’être désengagée de toute activité politique pour mener à bien sa mission. Après avoir cerné les contours de ce dialogue politique inclusif, Dr. Bernard Goumou a lancé, en novembre dernier, les travaux du dialogue en présence du médiateur de la CEDEAO pour la Guinée, l’ancien Président du Bénin, Thomas Yayi Boni avec la participation des missions diplomatiques accréditées à Conakry. A l’occasion du lancement des travaux de ce dialogue, le Ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation est revenu dans son discours sur les différentes étapes définies dans le chronogramme de la Transition. Prenant la parole, l’ancien Président du Benin a déclaré que c’est un nouveau départ pour le pays. Autrement dit, la refondation de l’Etat, tout en précisant qu’il s’agit de partager la vision de la gouvernance de la cité commune. Il a conclu son intervention en invitant les absents à rejoindre le cadre du dialogue pour la paix. Dans son discours d’ouverture des travaux, le Premier ministre a rappelé qu’il s’agit d’un débat de bonne foi sur le processus de formalisation des institutions afin de doter la république de Guinée d’une stabilité durable au sortir de la Transition.
«C’est une cause qui nous dépasse tous, mais qui nous concerne tous» a renchéri à l’occasion de l’ouverture des travaux du dialogue inclusif inter-guinéen tout en concluant que cette transition est la rectification constitutionnelle et la refondation de l’Etat. Durant trois semaines les participants ont travaillé sur les thématiques des dix (10) étapes contenues dans le chronogramme de la Transition validées par la CEDEAO et les trois points issus de la synthèse de la rencontre avec la coalition des partis politiques et les faitiers des organisations de la société civile. Il est à préciser que les travaux du dialogue ont démarré le 24 novembre et ont pris fin le 20 décembre 2022.
Le Président de la Transition à l’honneur de recevoir le rapport final du cadre du dialogue inter-guinéen
Le Palais Mohammed V a servi de cadre, mercredi 21 décembre 2022, à la remise officielle des conclusions du dialogue inter-guinéen au Président de la Transition, le Colonel Mamadi Doumbouya. La cérémonie a enregistré une forte mobilisation, une preuve de l’importance de ce document dans le processus de refondation de l’Etat et de rectification institutionnelle prônées par le CNRD depuis le 5 septembre 2021.
Ainsi en présence des membres du gouvernement, des représentations diplomatiques accréditées, la cérémonie a été placée dans un contexte de la renaissance de la Guinée débarrassée des préjugés. Ce dialogue a porté sur treize (13) thématiques à savoir : le recensement de la population et de l’habitat, le recensement administratif de l’état civil avec l’établissement du fichier électoral, l’élaboration de la nouvelle constitution, l’organisation du scrutin référendaire, l’élaboration des lois organiques, l’organisation des élections législatives et présidentielles, la mise en place de nouvelles institutions issues de la nouvelle constitution, la problématique des libertés publiques en lien avec la loi, le mécanisme de suivi et d’évaluation des conclusions du rapport.
Ce document contenant 35 résolutions a été remis solennellement à l’initiateur du dialogue inclusif inter-guinéen, le Colonel Mamadi Doumbouya par les facilitatrices qui ont animé pendant plus de trois semaines ce cadre de dialogue. Bien Avant, une projection sur le déroulé des travaux du cadre de dialogue inclusif a été effectuée, les vidéos de quelques minutes montrent les différentes réactions des participants, ce qui dénote de la transparence et de l’inclusivité qui a caractérisé le cadre de dialogue. C’est dans ce contexte que la porte-parole des facilitatrices a exposé les recommandations issues des concertations qui exigent que les présidents des institutions, membres du gouvernement, directeurs des régies financières et les entreprises publiques à déclarer leurs biens avant et après leur fonction mais aussi de prévoir les candidatures indépendantes aux élections locales exclusivement. Pour les candidatures aux élections présidentielles, il a été indiqué que l’âge est fixé à 35 ans au minimum et à 75 ans au maximum. Mais les résolutions ajoutent que pour les prochaines élections, les personnes ayant 75 ans révolus au 31 décembre 2022 sont autorisées à être candidates. En réponse à l’intervention de la porte-parole des facilitatrices, le colonel Mamadi Doumbouya, Président du CNRD, chef suprême des armées, a dans une brève intervention déclaré avec conviction : «croire à la divergence des idées permettant de nous améliorer et d’avancer. Nous nous battons pour ça». Cette initiative du Chef de l’Etat montre de sa volonté de conduire la Transition dans la paix et l’unité nationale, préalable pour l’organisation d’élections libres, transparentes et acceptées de tous, ce, pour l’intérêt supérieur des Guinéens.





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