Le Fonds monétaire international (FMI) a recommandé au gouvernement congolais dans un communiqué daté du 8 mai, d’assurer la bonne utilisation et la gouvernance des fonds qui seront mobilisés grâce à la récente révision du méga-contrat minier «minerais contre infrastructures» conclu avec la Chine
«Une loi de finances révisée pour 2024 doit intégrer l’impact positif de l’avenant au contrat avec la société minière Sicomines récemment signé, tant en termes de recettes que de dépenses d’investissement. En outre, des mécanismes devront être mis en place ou renforcés pour garantir la bonne utilisation et la gouvernance de ces fonds», a souligné le FMI au terme des discussions avec les autorités congolaises au titre de l’article IV des statuts du Fonds et de la 6e et dernière revue du programme économique et financier soutenu par un accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC).
Améliorer la qualité des dépenses publiques
La Loi de finances révisée devra refléter ces changements et les autres modifications du cadrage budgétaire, note le FMI en ajoutant que le renforcement de la gestion des finances publiques reste essentiel pour continuer à mobiliser les recettes et améliorer la qualité et l’efficacité des dépenses publiques.
Le contrat «minerais contre infrastructures» a été signé avec Pékin en 2008 sous Joseph Kabila. Il stipulait dans sa version initiale que les groupes chinois Sinohydro Corporation et China Railway Engineering Corporation doivent construire des infrastructures (routes, ponts, hôpitaux, fourniture d’eau potable, etc.) pour un investissement de 3 milliards de dollars entre 2008 et 2040 en échange d’une participation de 68 % dans la Société sino-congolaise des mines (Sicomines), une coentreprise spécialisée dans l’exploitation du cuivre et du cobalt avec la société minière publique congolaise Gécamines.
A l’issue d’âpres négociations qui se sont déroulées ces derniers mois entre Pékin et Kinshasa, le montant total de ces investissements a été revu à 7 milliards de dollars pour refléter la valeur réelle des concessions minières. Sur ce montant, environ 1,5 milliard de dollars ont déjà été déboursés depuis 2008.
Les cours du cuivre et son impact sur les infrastructures
Selon le nouvel avenant au contrat signé entre les deux pays en mars 2024, la RDC recevra 324 millions de dollars par an de ses partenaires chinois pour des projets d’infrastructures jusqu’en 2040, tant que le prix du cuivre restera supérieur à 8000 dollars la tonne.
Si le prix du métal rouge dépasse les 12 000 dollars la tonne, 30 % des bénéfices supplémentaires réalisés par les groupes chinois seront consacrés au financement de nouveaux projets d’infrastructures. S’il tombe en dessous de 8000 dollars, le financement diminuerait progressivement jusqu’à ce qu’il s’arrête complètement à 5.200 dollars la tonne.
Le FMI a par ailleurs indiqué qu’il est parvenu à un accord avec la République démocratique du Congo sur la dernière revue d’un programme économique et financier soutenu par un accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Cet accord d’une durée de 3 ans et d’un montant d’environ 1,52 milliard de dollars a été approuvé par le Conseil d’administration du FMI en juillet 2021.





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