Dans un communiqué conjoint, le MAEP, la CEA et le PNUD-Afrique saluent une série de relèvements de notation crédit attribués à plusieurs économies africaines. Ghana, Zambie, Afrique du Sud… Autant de pays dont les efforts de restructuration et de stabilisation budgétaire commencent à être reconnus par les grandes agences internationales.
Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont salué les récentes améliorations des notations souveraines attribuées au Ghana, à la Zambie et à l’Afrique du Sud. Les perspectives du Nigéria et de l’Ouganda ont également été revues à la hausse par les agences internationales.
Ces évolutions positives interviennent dans le cadre de l’Initiative pour les notations de crédit en Afrique, portée par le PNUD et mise en œuvre avec le MAEP et la CEA. Cette initiative vise à renforcer la compréhension des méthodologies de notation, à améliorer les capacités techniques des pays et à favoriser un dialogue fluide avec les agences comme Moody’s, Fitch ou S&P.
Ghana et Zambie : des restructurations qui paient
En novembre, S&P Global Ratings a relevé la note du Ghana de CCC+ à B-, saluant l’amélioration de sa liquidité et la baisse des risques. Moody’s a également rehaussé sa note de Caa2 à Caa1, tandis que Fitch l’a hissée en juin 2025 de «défaut restreint» à B–, avec des perspectives stables. Ces avancées reflètent, entre autres, la réussite de la restructuration de 13,1 milliards de dollars d’euro-obligations, un signal fort envoyé aux investisseurs.
La Zambie, quant à elle, est officiellement sortie de défaut : S&P a relevé sa notation de «défaut sélectif» à CCC+ après des accords portant sur 94 % de sa dette extérieure, estimée à 13,3 milliards de dollars US. Une étape déterminante après cinq années de turbulences financières.
Une dynamique continentale : la Guinée et l’Afrique du Sud à l’honneur
La Guinée a, pour la première fois, obtenu une notation souveraine B+ de la part de S&P en novembre 2025, un jalon important pour son intégration financière et la reconnaissance de ses réformes économiques.
L’Afrique du Sud a elle aussi bénéficié d’un relèvement, soutenu par des indicateurs budgétaires plus solides et des résultats macroéconomiques meilleurs qu’attendu. De leur côté, le Nigéria et l’Ouganda voient leurs perspectives d’évolution s’améliorer grâce à une gestion plus rigoureuse de leurs liquidités et à un dialogue renforcé avec les agences internationales.
«Un tournant pour les pays africains»
Pour Ahunna Eziakonwa, Sous-Secrétaire générale de l’ONU et Directrice régionale du PNUD pour l’Afrique, ces résultats marquent «un véritable tournant. Il». Selon elle, l’initiative a déjà permis de former plus de 260 experts issus de 18 pays, renforçant la capacité des gouvernements à négocier leurs notations.
Elle souligne que les relèvements observés « témoignent de la solvabilité croissante de l’Afrique et des efforts fournis pour renforcer ses institutions et sa stabilité macroéconomique ».
Jean-Marc Kilolo, représentant de la CEA, rappelle pour sa part que les pays africains ont longtemps souffert d’un déficit de données fiables et d’une coordination institutionnelle insuffisante : « Nous espérons que les initiatives conjointes permettront de surmonter ces obstacles », affirme-t-il.
Vers une institutionnalisation des notations souveraines
Le MAEP, la CEA et le PNUD-Afrique réaffirment leur engagement à aider les États membres à consolider leurs bases financières. Leur objectif : renforcer la crédibilité des économies africaines, attirer davantage d’investissements et participer à l’amélioration durable du niveau de vie sur le continent.
En misant sur une meilleure appropriation des mécanismes de notation, l’Afrique entend faire entendre sa voix sur les marchés financiers internationaux — et prouver que sa trajectoire économique est en train de changer.











