Face aux défis persistants de l’intégration régionale, l’Union africaine, la Commission économique pour l’Afrique et la Banque africaine de développement appellent à des réformes profondes pour renforcer la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)
Objectif : bâtir une Union douanière et un Marché commun africain capables de faire face aux turbulences du commerce mondial et de stimuler le développement intra-africain.
C’est à Malabo, en Guinée équatoriale, en marge de la 7e réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine, que la 11ᵉ édition du rapport «État de l’intégration régionale en Afrique (ARIA XI)» a été officiellement lancée le 12 juillet 2025. Co-publié par l’Union africaine (UA), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Banque africaine de développement (BAD), ce rapport appelle à un virage stratégique pour transformer la ZLECAf en véritable moteur de développement continental.
Intitulé «Réaliser la Communauté économique africaine : vers une Union douanière continentale et un Marché commun africain,» le rapport met en lumière les leviers indispensables pour renforcer l’intégration productive, développer le commerce intra-africain et bâtir des chaînes de valeur continentales solides.
Une ZLECAf à «géométrie variable»
Parmi les recommandations phares du rapport figure l’adoption d’une approche dite à géométrie variable, permettant aux pays les plus avancés de progresser plus rapidement vers une union douanière, tout en laissant aux autres le temps nécessaire pour s’adapter. Cette flexibilité est perçue comme un levier d’accélération, sans compromettre l’unité du projet continental.
Les auteurs appellent également à promouvoir la convergence macroéconomique pour favoriser une intégration financière et monétaire plus aboutie, ainsi qu’à mettre en œuvre rapidement le protocole relatif au commerce des services, avec un accent particulier sur les services de santé, dont l’amélioration est vitale pour le continent.
Malgré des avancées notables, de nombreux obstacles entravent encore la réalisation des objectifs de la ZLECAf, selon le rapport. Parmi eux : des écarts économiques importants entre pays, des déficits chroniques en infrastructures, un financement insuffisant et une mise en œuvre lente des politiques convenues.
La volonté politique jugée vacillante dans certains États, couplée à une instabilité politique récurrente dans plusieurs régions, limite l’efficacité des mécanismes d’intégration. À cela s’ajoute une forte dépendance au soutien extérieur, qui freine la souveraineté du processus et son appropriation par les acteurs locaux.
Le défi douanier au cœur de la transformation
L’édification d’une véritable Union douanière africaine repose sur plusieurs conditions techniques : harmonisation des structures tarifaires, adoption d’une nomenclature tarifaire commune (NTC), mise en place d’un règlement commun de gestion douanière (RCCM) et définition d’un mécanisme équitable de partage des recettes douanières.
Des exemples concrets montrent que des efforts sont en cours : en avril 2025, la Côte d’Ivoire a abaissé ses droits de douane pour se conformer au Tarif extérieur commun (TEC) de la CEDEAO, aligné sur les normes internationales. Mais selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le commerce intra-africain reste 20 % plus coûteux que le commerce extra-africain, en raison de goulets d’étranglement logistiques, de politiques industrielles peu robustes et d’une dépendance persistante aux matières premières.
Un levier stratégique face à un commerce mondial en mutation
Alors que le commerce mondial est confronté à des bouleversements majeurs, notamment liés à la rivalité sino-américaine et aux tensions géopolitiques croissantes, l’Afrique dispose, avec la ZLECAf, d’une carte stratégique à jouer.
Selon la Banque mondiale, l’accord de libre-échange continental pourrait repositionner l’Afrique sur l’échiquier mondial de l’investissement, en offrant un marché unifié de plus de 1,4 milliard de personnes, capable d’attirer des capitaux internationaux tout en stimulant l’industrialisation locale.





Guinée Equatoriale
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