Dans un courrier alarmant adressé à la Commission européenne, les plus grandes compagnies aériennes européennes ont exhorté Bruxelles à ne pas étendre son système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre aux vols internationaux (les dessertes vers le continent comprises) mettant en garde contre la hausse des prix des billets qu’entraînerait cette mesure, révèle l’agence Reuters.
Ce dispositif qui entre en vigueur en juillet 2026, ne concernait jusqu’à présent que les vols intra-européens. Ce système oblige les compagnies aériennes, ainsi que les usines, les centrales électriques et autres, à acheter des permis d’émission de gaz à effet de serre, tout en plafonnant l’offre afin de réduire ces émissions.
Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, signée par une quinzaine de dirigeants des compagnies aériennes dont Air France-KLM, Lufthansa, Easyjet et Ryanair, affirment leur opposition à l’élargissement du programme. « L’extension de la tarification du carbone de l’UE aux vols extra-Espace économique européen- pénalisera davantage les passagers et les entreprises européens en augmentant le coût des billets d’avion et du fret », ont-ils prévenu.
Cette annonce intervient alors que les dirigeants des compagnies aériennes achèvent leur grand-messe à Rio de Janeiroau Brésil pour l’assemblée annuelle de l’Association du transport aérien international (IATA).
Les dirigeants de transporteurs aériens européens indiquent que les mesures prises par l’UE compromettraient les efforts mondiaux de décarbonation de l’aviation, notamment le programme CORSIA des Nations Unies, qui oblige les compagnies à acheter des crédits carbone pour compenser la croissance des émissions des vols internationaux, mais n’impose pas de réductions absolues. «Toute prolongation du système d’échange de quotas d’émission de l’UE compromettra la légitimité du CORSIA », s’alarment-ils.
La Commission rétorque que l’extension de son dispositif garantirait un traitement égal entre les compagnies et éviterait de désavantager les transporteurs court-courriers par rapport à ceux qui exploitent des liaisons internationales plus longues. Bruxelles doute également que le dispositif de l’ONU (Corsia) puisse, à lui seul, impulser la décarbonation.





Brésil



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