La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) vient d’intensifier la compétition que se livrent les banques de la sous-région pour capter la clientèle de la diaspora. Dans une circulaire, la Banque centrale ouvre en effet aux ressortissants des huit Etats membres (Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Burkina Faso, Guinée Bissau, Togo et Bénin) résidant à l’étranger la possibilité d’ouvrir dans leur pays d’origine, des comptes en francs CFA dans les conditions identiques à celles qui s’appliquent aux résidents. Cela va du fonctionnement du compte à la tenue de la relation bancaire en passant par l’accès aux services
L’accès à ce dispositif est encadré par deux conditions cumulatives : d’une part, le client de la banque doit apporter la preuve de sa nationalité en présentant soit un passeport, soit une carte nationale d’identité ou un certificat de nationalité. D’autre part, il doit démontrer l’existence d’un lien avéré avec l’Union, qu’il s’agisse d’un certificat de résidence ou d’une attestation de domicile dans un Etat membre, ou encore d’un document établissant une filiation directe avec une personne résidente.
Le compte bancaire d’un non-résident citoyen de l’UEMOA, fonctionnera selon les mêmes modalités que les comptes ordinaires en francs CFA détenus par les résidents. Le titulaire bénéficie d’un régime de droit commun pour les versements, retraits, virements internes et opérations courantes, ce qui rapproche la diaspora des circuits financiers domestiques. Ces comptes restent soumis aux règles de lutte anti-blanchiment, le financement du terrorisme et la prolifération des armes. Les banques vont devoir renforcer leurs dispositifs de conformité et de traçabilité des transactions.
Pour les autorités monétaires, il s’agit de «renforcer l’attractivité de la zone et de rehausser les standards de transparence et de lutte contre les flux illicites.» La BCEAO emboîte ainsi le pas au Maroc qui applique cet alignement depuis de nombreuses années. En effet, les Marocains résidant à l’étranger ayant un compte bancaire chez eux, bénéficient des mêmes conditions que leurs compatriotes vivant au pays.
Conditions bancaires 4ème trimestre 2025 : les taux orientés à la hausse
Le taux créditeur moyen est ressorti à 5,48 % au quatrième trimestre 2025, après une réalisation de 5,40 % au troisième trimestre, soit une hausse de 8 points de base (pdb).
Les conditions appliquées par les banques de l’UEMOA à leur clientèle se sont resserrées au cours de la période. En effet, le taux débiteur moyen, hors taxes et charges, s’est établi à 6,73 % au quatrième trimestre 2025, en hausse de 6 points de base par rapport au trimestre précédent, où il s’était situé à 6,67 %.
Suivant l’objet du crédit, la hausse des taux débiteurs est principalement observée au niveau des crédits destinés à l’immobilier (+60 points de base), à l’équipement (+28 points de base), à la trésorerie (+27 pdb), à l’exportation (+14 pdb) et aux autres utilisations (+55 pdb). Cette dynamique a été compensée par la diminution des coûts des concours bancaires à la consommation (-56 pdb).
Selon la nature du débiteur, le durcissement des conditions débitrices concerne principalement les sociétés financières (+20 pdb), les sociétés non financières (+17 pdb) et l’administration publique (+5 pdb). L’assouplissement observé au niveau des concours aux Institutions Sans But Lucratif au service des Ménages (-32 pdb) et aux ménages (-5 pdb) a modéré la tendance du resserrement. Selon la maturité du crédit, l’augmentation des taux débiteurs a principalement concerné les crédits dont les échéances sont inférieures à 1 an (+43 pdb), puis ceux de long terme (plus de 10 ans) (+19 points de base).
L’analyse par pays révèle une hausse des taux d’intérêts débiteurs au Sénégal (+87 pdb), au Burkina (+30 pdb), en Guinée-Bissau (+18 pdb) et au Togo (+6 pdb). En revanche, les taux se sont inscrits en baisse au Niger (-50 pdb), au Bénin (-43 pdb), en Côte d’Ivoire (-15 pdb) et au Mali (-3 pdb) comparativement à leur niveau du troisième trimestre 2025. Source : BCEAO

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