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Entretien avec Denis Christel Sassou N’Guesso

Le Président de la Fondation Perspectives d’Avenir, Denis Christel Sassou N’Guesso, explique sa vision pour la jeunesse africaine en général et congolaise en particulier, ainsi que le cap à suivre. Entretien.

 

« Notre préférence pour la jeunesse traduit notre attachement à l’équité sociale»

AFRIMAG : La Fondation Perspectives que vous avez créée en 2012 à Brazzaville s’apprête à occuper son nouveau siège. Comment voyez-vous cette évolution ?

Denis Christel Sassou Nguesso

Denis Christel Sassou Nguesso, Président-Fondateur de FPA

Denis Christel Sassou N’Guesso : Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à la fondation Perspectives d’Avenir. Oui, après avoir commencé ses opérations dans un bâtiment de location, notre fondation va enfin pouvoir travailler dans des locaux qui lui appartiennent. L’inauguration, et donc l’occupation, de ces locaux qui nous serviront désormais de siège constituent une évolution notable. Celle-ci peut être interprétée comme le signe d’une certaine maturité et surtout de notre détermination à aller plus loin dans la réalisation de notre vision et programme stratégique. Il faut y voir aussi l’expression de la volonté d’un ancrage à la fois durable dans le paysage de notre ville et de notre pays. 

Vous avez lancé à travers votre Fondation des programmes ambitieux pour les jeunes congolais issus des milieux défavorisés. Pourquoi avez-vous opté pour cette catégorie particulière de la population sachant que ce ne sont pas les priorités qui manquent ?

L’intérêt public et l’équité font, avec l’excellence et la transparence, partie des quatre valeurs principales que la Fondation essaie de promouvoir à travers ses actions et son modus operandi. L’option préférentielle pour cette catégorie de la population traduit notre attachement à l’équité dans la société. C’est une manière d’éviter que nos sociétés se construisent en laissant certains sur le bord de la route. Ce choix est particulièrement lié aussi à l’expérience qui m’a conduit à mettre en place cette fondation. Je l’ai déjà expliqué par ailleurs, c’est parce que j’avais rencontré dans mon parcours des condisciples qui avaient été forcés d’abandonner leurs études, faute de moyens financiers, que je m’étais décidé à contribuer à la recherche de solutions à cette situation. L’option préférentielle que vous avez mise en lumière s’inscrit dans mon histoire personnelle. Elle est donc une question de cohérence existentielle.

Au-delà de cette frange de la population, votre Fondation se consacre prioritairement au développement de l’éducation et de la formation professionnelle et qualifiante. Pourquoi ?

C’est tout simplement parce que nous croyons que les ressources humaines constituent le levier le plus important de l’émergence et du développement durable d’un pays. Vous pourrez beau avoir des infrastructures ou des réserves financières importantes, mais si vous manquez de ressources humaines, vous n’irez pas loin ou tout simplement nulle part. Comme cette vérité est souvent oubliée, nous avons voulu le rappeler non pas seulement par des déclarations, mais aussi par des actions concrètes. Et nous avons choisi les domaines des formations scientifiques, professionnelles et qualifiantes parce que c’est là que nous avons identifié les déficits les plus handicapants pour l’émergence et le développement de nos pays. Ceci constitue une partie de notre contribution à la construction de l’avenir de notre pays et de notre continent.

La Fondation Perspectives d’Avenir a remis, le mercredi 06 janvier 2016, un chèque au Centre de formation Don Bosco de Brazzaville pour couvrir les frais de formation de 50 jeunes brazzavillois issus des milieux défavorisés ou de familles démunies. Elle ambitionne également d’accompagner ces jeunes dans leur processus d’insertion professionnelle. Comment comptez-vous vous y prendre ? Et pourquoi le Fondation ne veut plus se limiter à former des jeunes à un métier ?

Dans la mise en œuvre de ses programmes de formation qualifiante notamment, la Fondation utilise quelquefois aussi l’approche du « faire-faire » surtout lorsqu’un opérateur de formation a une légitimité indiscutable et indiscutée dans un domaine précis de compétence. Les formations proposées par le Centre Don Bosco des Pères Salésiens sont reconnues pour leur qualité technique et leur orientation professionnelle. Cette orientation professionnelle a motivé notre choix, car c’est une dimension importante pour nous. Il ne suffit pas seulement de former, mais il faut donner des formations en adéquation avec les besoins du marché du travail et les exigences de l’emploi aujourd’hui. Si cette dimension d’adéquation est importante pour l’insertion professionnelle, nous la complétons par des formations qui renforcent leur employabilité et des contacts avec des entreprises en vue du placement des jeunes.

Votre Fondation a offert le 5 novembre dernier des bourses à l’étranger à une première promotion composée de quinze bacheliers et quatre licenciés. Comment expliquez-vous ce geste qui a permis à ces étudiants d’aller se former au Maroc et au Sénégal ?

Cette action s’inscrit dans la mise en œuvre normale de notre plan stratégique. L’octroi des bourses est en effet un axe central de notre programme d’aide à l’éducation et à la formation des jeunes congolais. Nous voulons à travers ce programme former les leaders et les managers dont notre pays aura besoin pour son émergence et son développement. Outre le fait que les jeunes bénéficiaires de ce programme viennent de familles démunies et sont des élèves et des étudiants méritants, nous les orientons dans des formations essentiellement scientifiques, techniques et professionnelles. Nous espérons ainsi donner à notre pays la capacité de s’approprier l’orientation et la conduite de son développement.

Vous avez récemment lancé un programme inédit en Afrique : la formation à la conduite et à la sécurité routière.
Comment cette idée vous est-elle venue ? Quels sont les objectifs visés à travers ce programme ? Où en êtes-vous dans ce programme ?

Ah, vous avez aussi remarqué le caractère innovant de ce programme ! Loin d’être en effet une simple initiation à la conduite d’une automobile, ce programme veut être un cadre de formation de véritables professionnels du transport routier et engendrer un nouveau type de chauffeurs. Des chauffeurs capables de rendre de vrais services dans des conditions de sécurité pour les usagers. Nous avons pris le risque de le lancer parce que nous pensons que c’est une niche d’emplois potentiels à exploiter en donnant à des jeunes peu qualifiés la chance de se construire un avenir professionnel. L’originalité de ce programme est qu’au-delà de la maîtrise de la conduite automobile, il comportera une formation à la conduite préventive, à l’entreprenariat, au civisme routier, au savoir-vivre et être, au secourisme, à la géolocalisation et aux langues. Ces différentes composantes qui constitueront l’ossature de la deuxième phase de la formation se dérouleront progressivement après l’obtention des permis de conduire par les bénéficiaires. Les rapports et les échos qui nous parviennent font penser que ce programme se met jusque-là en œuvre normalement.   

Globalement, quelles sont vos ambitions pour la jeunesse congolaise ?

Lui donner par une formation intégrale les capacités d’apporter leur pierre à l’édification de notre Etat-nation et du continent africain.

Pensez-vous que la Fondation Perspectives d’Avenir contribue d’une manière ou d’une autre à l’amélioration de l’indice de développement humain du Congo ?

Oui, nous le pensons ! Les objectifs qu’elle vise à travers ses différents programmes sont en consonance avec les principaux critères, indicateurs et facteurs pris en compte dans l’évaluation du développement humain. Les formations qu’elle propose à travers ses différents programmes visent à former tout l’homme, c’est-à-dire l’homme dans toutes ses composantes. Elle veut en effet former des jeunes hommes et femmes compétents et responsables. La construction d’un pays émergent et solidaire ne pourra se faire qu’avec ce type d’hommes et de femmes. La jeunesse étant l’avenir d’un pays, nous voulons faire reposer la construction de notre avenir sur elle. Nous disons ainsi notre foi en la jeunesse.

Denis Christel Sassou N'Guesso Développement Fondation Perspectives d’Avenir

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